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Rencontre avec Alexane Vidalie, créatrice de la start-up Optimergo et de la solution connectée d’électromyographie E.M.I.L.

Nous avons eu la chance de pouvoir discuter avec Alexane Vidalie, créatrice de la start-up Optimergo et d’E.M.I.L., une solution connectée qui permet d’analyser l’activité musculaire des sportifs.


Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes? 

Alexane Vidalie : Je m’appelle Alexane, j’ai 27 ans et j’ai créé Optimergo il y a maintenant un an et demi. J’ai commencé à travailler sur ce projet en septembre 2017, lors de ma première année de Master. J’ai fait une fac de sport (STAPS). Je suis ergonome de formation, donc je m’occupe de l’amélioration des conditions de travail en entreprise.


Qu’est-ce qu’Optimergo ?

Alexane Vidalie : Optimergo est une une start-up qui développe une solution qui permet de mesurer l’activité musculaire. Cela s’appelle de l’électromyographie. C’est une technologie issue de laboratoires qu’on a miniaturisé afin de la rendre accessible. Elle se matérialise par des capteurs connectés et une application mobile (sur smartphone et tablette). 


D’où vous est venue l’idée de créer Optimergo et quel message souhaitez-vous passer à travers cette marque ?

Alexane Vidalie : J’ai eu l’idée de créer Optimergo pendant mes études. Lorsque j’étais en première année de master, on a beaucoup utilisé d’outils de mesure dans le cadre de travaux pratiques, dont l’électromyographie. Je trouvais que l’outil et les données qu’on mesurait étaient très pertinentes, mais que l’outil était complexe à utiliser. Il était filaire, sur ordinateur, vieux et pas très intuitif. L’idée d’Optimergo était donc de simplifier la technologie au niveau du produit et de l’utilisation afin de la rendre accessible. Le principe était de démocratiser l’électromyographie pour pouvoir aller faire des mesures sur le terrain. Aujourd’hui pour les mesures concrètes en labo, on est souvent contraint par le matériel qui ne nous permet pas d’aller sur le terrain et d’avoir des données qui sont plus représentative de ce qu’on souhaite mesurer dans la réalité.


Quelles ont été les étapes de la mise en œuvre de ce projet? 

Alexane Vidalie : J’ai mené à la fois mes études et ce projet entrepreneurial, donc j’ai obtenu le statut d’étudiante-entrepreneure pendant 2 ans. C’est un statut qui est délivré par les universités et incubateurs. J’y ai suivi des master classes, ainsi que des soirées avec plusieurs thématiques afin de s’assurer que notre projet était potentiellement rentable, et qu’il y avait un réel intérêt à avancer dans celui-ci. Ensuite, je suis rentrée dans un incubateur et j’ai suivi plusieurs programmes d’accompagnement et de financement. On a eu plus de 100.000€ de financement en un an et demi. J’ai suivi le programme qui s’appelle ‘French Tech Tremplin’ qui est mis en place par ‘La French Tech’, et qui est soutenu par BPI. Le premier volet s’appelait ‘Prépa’, ensuite j’ai fait le deuxième volet qui s’appelle ‘Incubation’. En parallèle, j’ai eu une bourse qui s’appelle ‘Bourse French Tech’, qui est aussi délivrée par la BPI. J’ai reçu également d’autres subventions plutôt au niveau local comme ‘Start-up & Go’. Là encore le but à chaque fois c’est de financer l’innovation et la faisabilité du projet et du produit qu’on souhaite développer. 

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Quel est l’avenir d’Optimergo? 

Alexane Vidalie : L’avenir d’Optimergo c’est de devenir une marque, en tout cas une entreprise, qui sera référente sur l’électromyographie. L’objectif c’est surtout d’être reconnu pour la simplicité d’utilisation de notre outil, et de réussir à atteindre notre ambition de démocratiser un outil laboratoire.


Avez-vous un chouette souvenir ou une success-story concernant Optimergo et E.M.I.L.?

Alexane Vidalie : Des success-stories, y en a eu pas mal car depuis que j’ai créé le projet, j’ai « coché » toutes les cases de l’accompagnement d’une entreprise de la création jusqu’à aujourd’hui, l’étape de croissance. Par conséquent, tous les programmes existants auxquels j’étais éligible, je les ai fait. Une anecdote que je peux partager c’est que mon premier salarié, qui était un alternant, a suivi une formation du Campus numérique, un organisme créé par La French Tech. Du coup, c’était amusant de pouvoir recruter mon premier alternant qui est issu de La French Tech, pendant que moi-même j’y suivais un programme. 


De nombreux projets dans le sport sont de plus en plus créés par des femmes (le podcast ‘Championnes du Monde’, la startup ‘Les Bornées’, les évènements ‘Femmes de Foot’, SPORTIW, etc). Qu’est-ce que cela vous inspire ? 

Alexane Vidalie : Je suis contente car, sans être féministe, je trouve cela chouette que les femmes aient de plus en plus de place dans l’entreprenariat et que ce soit reconnu. Je ne veux juste pas que ça soit au détriment des hommes qui ont aussi de très bons projets. Parfois en nous mettant trop en avant, ça paraît être un miracle qu’une femme puisse entreprendre alors que c’est juste normal. Je ne veux juste pas qu’on se trompe de combat. C’est génial qu’il y ait de plus en plus de femmes qui osent, parce que je pense qu’il faut avoir confiance en soi et qu’il faut oser. J’aimerais juste qu’on soit tous vigilants au fait que c’est normal que tout le monde puisse entreprendre, autant les femmes que les hommes. Il ne faut pas que ça devienne trop excessif dans la mise en avant de ces success-stories de femmes entrepreneures. 

Pour donner un exemple qui m’a vraiment bouleversée et interpellée, c’est qu’à un concours de pitch avec plusieurs start-up, on était 10 et ils récompensaient les 2 premiers porteurs de projets et un coup de cœur du jury. Mais le coup de cœur était une femme. Du coup, ils se sont retrouvés à primer les deux premières personnes qui étaient en l’occurence des femmes, ainsi que le coup de cœur qui était forcément une femme. Par conséquent, ce sont uniquement des femmes qui l’ont remporté. Les hommes avaient l’impression d’être lésés parce qu’il n’y avait pas de coup de cœur pour les hommes. J’ai trouvé ça un peu injuste pour les hommes qui avaient des super projets. C’était un peu le malaise à la remise des prix, parce qu’on ne savait pas trop si les femmes avaient gagné pour leurs projets ou parce que c’était des femmes. 


Pratiquez-vous un sport ? Est-ce que cela vous a aidé lors de la création de votre projet/technologie ? 

Alexane Vidalie : Je suis plus ou moins sportive de haut niveau. Je pratique le handball depuis que j’ai 10-12 ans et je joue en Nationale 1. C’est la 3e division nationale, le plus haut niveau amateur. J’ai toujours pratiqué le sport, ça fait partie de mon ADN et ça m’a aidé à grandir et à devenir qui je suis. Je suis très reconnaissante envers le sport de façon générale. Je pense que c’est très important que les gens en fassent parce que ça permet d’avoir une interaction sociale, de se dépenser, de se sentir bien, d’être en bonne santé. 

Le sport m’a aidé en tant que porteuse de projets à réussir des défis. Tout comme dans le sport, on a des challenges. C’est plutôt l’état d’esprit et l’organisation pour lesquels ça m’a aidé. Le sport nécessite une certaine hygiène de vie, une bonne organisation pour pouvoir être présent aux entraînements et aux matchs. Il faut voir à court, à moyen et à long terme. Être cheffe d’entreprise c’est un peu la même chose. Il y a pas mal d’analogies pour moi entre le sport et l’entrepreneuriat. 


Utilisez-vous la technologie E.M.I.L. personnellement dans la pratique du sport ?

Alexane Vidalie : j’aimerais bien pouvoir l’utiliser mais ce n’est pas encore le cas. Par contre, le sport et le réseau que j’ai m’ont permis d’accéder et de rencontrer des personnes dans le cadre du projet. L’expérience personnelle m’a aidé dans mes projets professionnels.


Où peut-on trouver E.M.I.L. ?

Alexane Vidalie : Pour l’instant, on a un site internet sur lequel vous pouvez prendre contact avec nous. Sinon, on a des pages sur les réseaux sociaux: LinkedIn, Instagram, Facebook et sur YouTube. Nous sommes assez visibles sur les réseaux sociaux et c’est assez facile de nous contacter pour essayer la solution E.M.I.L. qu’on a développée.

 


Un/des conseil(s) aux femmes qui souhaiteraient aussi lancer une marque ? 

Alexane Vidalie : Oser et s’entourer, mais surtout avoir confiance en soi. Il y a beaucoup de structures qui existent pour démarrer l’aventure entrepreneuriale. Il y a également beaucoup de dispositifs pour les femmes et c’est bien. Il suffit de se renseigner et de franchir le cap de prendre contact avec une personne qui, en général, nous accueille très bien. Je n’ai jamais eu de soucis, j’ai toujours été bien accueillie dans ces structures. Il faut tenter, mais ne pas s’en faire une montagne. C’est quelque chose qui est assez accessible. Il est important de démystifier la posture du chef d’entreprise ou de l’entrepreneuriat qui est finalement accessible. Je trouve qu’on voit de plus en plus de personnes qui mettent de côté leur vie de salariés afin d’entreprendre et de créer leur entreprise depuis la crise sanitaire. Il faut que les gens continuent à faire ça.


Le mot de la fin? 

Alexane Vidalie : Merci à vous pour l’interview. Je trouve ça chouette d’avoir des médias qui font la promotion des femmes et du sport. Je trouve que c’est une super cause, mais on doit tous être vigilant à ne pas se tromper de combat.


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