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Rencontre avec l’ancienne nageuse de haut niveau, Malia Metella

Nous avons eu la chance de rencontrer Malia Metella, ancienne nageuse de haut niveau. Elle nous retrace en détail et avec émotion sa traversée à la nage du lac Titicaca, réalisée en novembre dernier en compagnie de Théo Curin et Matthieu Witvoet. Un récit marquant et plein de rebondissements accompagné de bienveillance et de défis à venir !

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Malia Metella : Je m’appelle Malia Metella, j’ai 40 ans et je suis vice-championne olympique de natation, vice-championne du monde et 5 fois championne d’Europe. Après 11 ans d’arrêt dans ma carrière, j’ai traversé le lac Titicaca à la nage avec Théo Curin et Matthieu Witvoet. Nous avons mis 11 jours et parcouru 108 km.

 

 

Parlez-nous de la traversée du Lac Titicaca !

Malia Metella : C’était une expérience assez folle et enrichissante à la fois. Cela a été 15 mois de préparation avec les garçons et avec toute l’équipe (parce qu’il y a une belle équipe aussi derrière). 

 

Nous sommes partis le 10 novembre au matin. Pour commencer, nous nagions tous les 3 en même temps. Nous étions accompagnés pendant la 1ère heure par des jeunes nageurs de clubs de natation de La Paz (Bolivie). Ils étaient venus spécialement pour nager avec nous.

“Je suis sortie de l’eau assez rapidement, nous tractions un radeau de 500 kilos derrière nous. Et lorsqu’il n’y a personne pour le guider, il peut partir dans tous les sens !” Au bout de 15-20 min je suis donc sortie et j’ai piloté. J’ai pris la main sur le radeau. Une demi-heure plus tard, Mathieu est sorti à son tour, et nous avons laissé Théo nager sa première heure. Nous nous sommes alors relayés.

Malheureusement nous n’avons pas beaucoup nagé le premier jour. Le vent s’est vite levé. En fin de matinée nous avons dû nous arrêter. Initialement, nous avions prévu  de faire à peu près 12 km par jour et ce 1er jour, il me semble que nous avions dû en faire seulement 7.”

 

 Nous nous sommes finalement posés non loin d’une maison de pêcheur, nous nous sommes dit que nous allions reprendre le lendemain matin. Seulement, au moment où nous avons remplacé le point GPS, le vent était beaucoup trop fort. Nous avons donc décidé de ne pas nager, de retourner nous protéger en attendant que le vent se calme pour repartir.  Nous avons attendu à peu près 1 à 2 heures avant de nous relancer. J’ai nagé la première demie heure avec un peu de vent et de vagues mais ensuite cela s’est vite calmé. 

 

“Après cela, c’était excellent,  fantastique. Le lac était calme, nous nous sommes régalés. Nous avons pu faire 17 km ce jour-là. Ce qui était énorme pour nous.” Pendant le dîner, nous en avons bien profité tous les 3. C’était préparé par le Chef Juan Arbelaez, nous avions de la chance de pouvoir bien nous régaler pendant les repas.

 

“Plus tard, le vent s’est levé puis les orages et les éclairs. De mon côté, j’arrive tout de même à m’endormir mais pas les garçons parce qu’en plus, je ronfle ! Ils ont fini par me réveiller.” De plus, Mathieu remarque que nous sommes plus haut que le point d’ancrage. Nous avions dérivé de 2 km. Nous remettons alors le moteur en route, j’essaie de les guider avec les lampes frontales et nous nous reposons à l’endroit où nous avions stoppé la nage, en accrochant bien le radeau cette fois-ci. 

 

Au bout de 15 minutes, nous subissons la grêle qui nous tombe dessus et qui fait un bruit monstre, impossible de dormir ! Le lendemain, impossible de partir car encore trop de vent. Nous repartons finalement le 4e jour. 

 

“Avec les garçons, nous parlons beaucoup, nous nous racontons un peu nos vies, ce qu’on aime… on écoute beaucoup de musique aussi.” 

 

Finalement le vent s’est de nouveau levé, encore une fois accompagné d’orages. « Nous faisons face à des vagues de plus en plus grandes, 1m50 voire 2 mètres, nous étions pas mal secoués. » Nous avons essayé de naviguer pendant 45 minutes avant de lâcher les ancres flottantes. Encore une fois, nous le sentons bien donc nous ne dormons pas de la nuit mais nous savons que nous devons repartir le lendemain. 

On continue les jours suivants, on fait de belles rencontres. 

“Il faut savoir qu’il y a des gens, des pêcheurs qui habitent le long des côtes du lac Titicaca. Ce sont des populations, des cultures millénaires. Ils nous racontent leurs histoires puisqu’on a dû se réfugier un moment chez des pêcheurs d’une soixantaine d’années.” 

 

Nous avons dû sortir du radeau parce que nous avions trop peur pour notre vie à cause des éclairs.Nous ne savions pas si nous étions vraiment protégés. Ils nous ont accueillis chez eux. Nous étions rassurés car ils avaient des antennes paratonnerre. Ils nous ont offert à manger et nous avons finalement dormi dans une cabine de pêcheur. “Nous dormions à côté dans un petit espace qui doit faire à peine 1m50 de large et 2m de long. Avec Mathieu, on dort les jambes en l’air parce que c’est trop petit.”

 

 Les jours suivants nous arrivons à avancer de 10 kilomètres. L’avant dernier jour, 25 kilomètres parce que nous avions le vent avec nous. C’est le seul jour où le vent était avec nous. Le dernier jour a été le jour où j’ai plus galéré à nager.. C’est devenu compliqué pour avancer. Je me retrouvais même derrière le radeau. 

 

“Mais après, c’est une arrivée fantastique. On se retrouve entourés de journalistes, de notre équipe et même par la population locale habillée d’habits traditionnels de couleurs. C’était magique, j’en ai eu des frissons. Autant que mon arrivée olympique ! Des larmes de joie, ça a été une traversée incroyable puisque nous l’avons vécue à 3. Nous avons rencontré des gens formidables et nous avons eu une équipe fantastique autour de nous. Ça reste un très beau souvenir et une expérience fantastique.”

 

Est-ce que c’était votre meilleur souvenir sportif ? Ou y en a t’il un autre ? 

Malia Metella : Je dirais que c’est au même point que ma médaille olympique puisque pour ma médaille olympique, j’avais vécu une catastrophe juste avant. Je m’étais battue jusqu’au bout pour revenir avec une médaille. J’ai vécu tellement les mêmes choses donc pour moi c’est à l’égalité.  

Quels sont vos projets futurs ? 

Malia Metella : Alors… J’avais dit à Mathieu avant de plonger au dernier relais que c’était la dernière fois que je me mettais à l’eau, la dernière fois que je nageais. Et 3 mois après j’ai dit “Eh bien je renage, je me lance un autre défi ». Théo fait son prochain défi en novembre alors que moi je le fais dans 1 an et demi. J’ai encore le temps, ce sera chez moi, en Guyane. “La Guyane c’est magnifique, la forêt c’est quelque chose de magique. Je veux montrer qu’il faut la protéger.” 

 

Donc mon prochain défi c’est un trek de 5 jours en forêt avec un guide et ensuite c’est de pouvoir faire la remontée d’une rivière. C’est à peu près à 40-50 km de remontée avec un courant positif. “Je veux faire cette remontée avec des jeunes pour montrer que les jeunes sont motivés et qu’ils ont envie de réussir aussi.”

 

Selon vous, quelle est la place de la femme dans la natation ? Et aux Jeux Olympiques ? 

Malia Metella : La femme a sa place partout. Elle est forte.

Dans la natation, je pense qu’il y a beaucoup d’entraîneurs, des anciennes nageuses ou de nageuses qui pourront dire que les femmes sont beaucoup plus fortes que les hommes. A l’entraînement, on est beaucoup plus costauds, on arrive mieux à résister. Nous comprenons que la performance ne se gagne pas en claquant des doigts. Il faut se mettre au boulot donc on commence à bosser beaucoup plus sérieusement par rapport aux garçons. 

“Je pense qu’on a notre notre place partout. Nous sommes aussi fortes physiquement et mentalement voire même plus fortes mentalement que beaucoup d’hommes. Les hommes ont intérêt à s’accrocher !”

 

Que souhaitez-vous dire aux jeunes femmes ou filles qui souhaitent se lancer dans la natation ou qui souhaitent se lancer dans un défi sportif ? 

Malia Metella : Pour les jeunes filles qui veulent se lancer dans la natation, faites-vous plaisir. C’est plus important. Personnellement, j’ai arrêté parce que je ne prenais plus de plaisir.. Pas besoin d’aller chercher de la performance dans le sport. Nous faisons tous des défis dans la vie. Comme les défis d’une personne en situation de handicap qui marche pour la première fois avec ses prothèses. Si là, vous vous faites plaisir et vous trouvez de la joie à le faire, continuez. 

 

“Le plaisir, c’est un gros booster pour les défis de tous les jours, pour le sport et pour ce qu’on fait habituellement.” 

 

Un petit mot pour la fin ? 

Malia Metella : N’hésitez pas à vous battre pour ce que vous aimez et n’hésitez pas à vous faire plaisir comme je le disais. 

 

“Pour moi c’est le plus important, se faire plaisir que cela soit dans le milieu professionnel ou non.”

Merci Malia pour cette belle interview ! 

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