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Alexia Barrier, navigatrice et skippeuse professionnelle engagée pour la sauvegarde des océans : interview

Lors d’une interview nous avons eu la chance de rencontrer Alexia Barrier,  navigatrice et skippeuse professionnelle. Elle nous fait part de son expérience Vendée Globe ainsi que sa passion pour cette discipline. Elle nous raconte également comment à sa manière, elle œuvre pour la sauvegarde des océans par le biais de son projet : 4MyPlanet.

 

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre carrière ? 

 

Alexia Barrier : Je m’appelle Alexia Barrier et je suis navigatrice depuis l’âge de 3 ans ! J’ai découvert la mer et la voile avec mes parents lorsque j’étais petite. Je suis née à Paris mais ils ont déménagé à Nice. Donc quand j’avais 3 ans, ils nous ont emmenés naviguer sur un tout petit voilier, mon frère et moi. J’ai fait pas mal de sport à haut niveau étant jeune. J’ai aussi fait un master en management du sport et après mes études, j’ai trouvé mon premier sponsor, Roxy. Celui-ci m’a permis de faire ma première traversée transatlantique en solitaire et depuis ce jour j’ai poursuivi ma carrière de navigatrice. Je ne compte plus mais je crois que j’en suis à 18 transatlantiques en solitaire, en double ou en équipage. J’ai également participé et terminé le dernier Vendée Globe

 

Parlez-nous du Vendée Globe. Comment était cette expérience ?

 

Alexia Barrier : J’ai vu le premier Vendée Globe à la télé quand j’avais 10 ans. Le jour où je l’ai vu, je me suis dit, qu’un jour, j’y serai et je pense que ce rêve ne m’a pas lâché. C’est pour ça que je peux parler aux enfants en connaissance de cause. Mes parents n’étaient pas riches, je ne suis pas fille de grand marin ou je ne sais quoi. Je suis une fille de Méditerranée, je n’avais donc aucune chance d’y arriver. Et voilà c’est un rêve de petite fille. C’est extraordinaire mais pour moi c’était quelque chose qui était accessible et je voulais vraiment le réaliser. 

Et ce qu’on apprend c’est que, lorsqu’on a un grand rêve, une étoile qu’on veut atteindre, il y a toujours des personnes pour essayer de nous décourager ou de nous montrer tous les mauvais côtés de ce projet. Mais il y a aussi une petite poignée de personnes qui sont toujours là pour vous encourager. Ou du moins qui sont là et c’est très important. 

 

“C’est ce que j’ai envie de dire aux personnes qui ont de grands projets. N’écoutez pas les commentateurs, soyez acteurs de votre vie. Et comme j’ai fait pour mon Vendée Globe, gardez précieusement vos proches auprès de vous même s’ils ne sont pas très nombreux. C’est ça qui va aussi faire votre force dans les moments difficiles”. 

 

Le Vendée Globes ça a été 111 jours de mer sur le plus vieux bateau de la flotte. J’ai vraiment eu du mal à boucler mon budget mais je n’ai jamais envisagé le fait de ne pas y aller. C’est l’ “Everest” de la voile. C’est une des courses les plus extrêmes au monde donc on sait quand on y va que ça va être très dur. Et c’est vrai, c’est très dur.

Ce que j’adore quand je me retourne et que je regarde le Vendée Globe, je ne réalise pas trop le fait que ce soit vraiment quelque chose de fou. Que j’ai réalisé un exploit sportif de dingue ! Je regarde juste le fait d’avoir eu la chance de passer 111 jours sans voir un seul être humain. J’ai vu une seule fois la terre, c’était le cap Horn et j’ai passé 100 jours au contact de la nature et de la vie sauvage. Ça, ça n’existe nulle part ailleurs. C’est juste une chance dans la vie de faire ça. On peut faire le Vendée Globe plusieurs fois. 

“Ce premier tour du monde solitaire de 111 jours a vraiment mis en avant que la vie sauvage loin des hommes est encore plus belle parce qu’elle n’a pas peur, elle vit dans son élément bien plus facilement que les hommes.”

 

Vous comptez participer au trophée Jules Verne, expliquez-nous. 

 

Alexia Barrier : Le principe du record est la vitesse. Le but est d’aller le plus vite possible autour de la planète avec le bateau de son choix et l’équipe de son choix. La seule règle finalement c’est d’être en équipage, depuis la ligne de départ virtuelle au large de Brest et de revenir au large de Brest sans escale et sans assistance. 

J’ai décidé de mener un projet 100% féminin pour ce trophée Jules Verne qui a été créé par une femme, Florence Arthaud et Titouan Lamazou en 92. C’est l’idée d’un aviateur qui s’appelle alors Mickey. Du coup, on s’est dit avec les garçons que ça serait sympa de faire un record sans limite. Malgré le fait qu’il n’y ait pas de limite, il n’y a pas de femme. Enfin, il y a eu une seule tentative féminine il y a 25 ans. 

“Au cours de ma carrière, j’ai croisé des femmes incroyables qui ont vraiment du talent et un palmarès bien plus grand que le mien. Donc faire ce projet 100% féminin pour moi c’est vraiment fort.” 

C’est pour cela que j’ai décidé de réaliser la course avec un équipage composé uniquement de femmes. 

 

En quoi consiste 4MyPlanet ? Quand vous est venue l’idée de créer cette association ?

 

Alexia Barrier : Il y a 12 ans, peu de gens s’intéressaient aux océans. Juste quelques associations. Heureusement, ça a aussi évolué. On se rend compte que l’on dépend vraiment de la bonne santé de l’océan pour vivre pleinement notre vie d’être humain sur cette planète.

“ J’ai créé cette association parce que j’ai commencé à réaliser que la pollution était de plus en plus importante et qu’il fallait que j’agisse pour préserver mon terrain de jeu. Quand on fait de la voile et qu’on fait des grandes courses, on a le droit de parler dans un micro et de s’exprimer. C’était évident pour moi qu’il fallait parler de l’océan mais aussi agir concrètement en contribuant à la recherche scientifique.” 

Les bonnes années, je passe presque 200 jours par an sur l’eau. Du coup, je fais beaucoup de distance et je peux prendre des données qui intéressent les scientifiques pour l’observation, la prédiction ou la prévision de la météo sur le climat ou d’autres thématiques. La deuxième chose très importante pour moi est de donner envie aux jeunes générations d’aimer leur terrain de jeu, d’en prendre conscience et de le préserver que ça soit un terrain de basket, de foot, peu importe mais d’avoir envie de prendre soin de son entourage. Pour ça, je pense qu’il faut déjà avoir un objectif et leur dire qu’ils peuvent réaliser leur rêve. Qu’ils peuvent vraiment faire ce qu’ils veulent de leur vie quel que soit leur statut social, leur genre, leur couleur. Ça leur permet aussi de se tourner vers les autres. 

 

Quels sont vos futurs objectifs et projets ? 

 

Alexia Barrier : Déjà, le trophée Jules Verne, c’est quelque chose d’énorme. C’est un peu comme si on allait marcher sur la lune.

“ Il y a plus de gens qui sont allés dans l’espace que de gens qui ont fait le Vendée Globe et encore moins de personnes qui ont réalisé le trophée Jules Verne. C’est vraiment quelque chose d’énorme, d’exceptionnel, d’unique.”

 Aujourd’hui, je mets toute mon énergie sur ce projet et également sur le développement de l’association 4myPlanet. Pour que l’océan devienne une matière enseignée au niveau de l’éducation nationale en France même si on rayonne au-delà des frontières françaises avec l’association.

J’ai vraiment envie que tous les enfants de mon pays puissent connaître l’océan même s’ils n’ont pas accès physiquement à l’eau. C’est très important parce que la terre et la mer, c’est un tout. Et c’est important de savoir que notre vaisseau spatial, la planète bleu, qui nous fait voyager dans l’univers est précieuse. C’est comme si on était dans un bateau. Il faut en prendre soin.” 

 

Selon vous, quelle est la place de la femme dans la voile ? Et dans des compétitions telles que le Vendée Globe ? 

 

Alexia Barrier : La voile, la course au large c’est un sport où les garçons et les filles sont classés sur la même feuille de match. En théorie, il n’ y a pas de différence. Et ça c’est vraiment chouette parce qu’une femme peut arriver devant un garçon et gagner une course devant des garçons.

“La réalité est un peu différente finalement  parce qu’on est très peu nombreuses bien que la tendance soit en train de s’inverser et s’améliorer.”

 Au dernier Vendée Globe, nous étions 6 femmes. Celui d’avant, il n’y avait aucune femme. Je crois qu’on est à peu près 5% à haut niveau. Et en multicoque il n’y a pas de femme du tout. Sur les maxis ou multicoques, comme les ultimes par exemple, il n’y a pas ça du tout. 

“En théorie, nous sommes à égalité mais dans la réalité, nous avons des difficultés à atteindre le niveau. Et selon moi c’est parce qu’ il n’y a pas assez de représentativité, de rôle model”.

Il y a peut-être eu, à une époque, des blocages de la part des sponsors. Ceux-là ne pensaient pas qu’investir sur une femme était quelque chose d’intéressant dans ce sport. Cela  a vraiment freiné certaines navigatrices. Il y a donc beaucoup moins de femmes que d’hommes.

C’est aussi pour cela que c’est important sur ce trophée Jules Verne d’avoir un équipage 100% féminin. Chaque place est une nouveauté. C’est un peu plus important que chaque place soit tenu par une femme sinon on ne fait pas évoluer le problème. 

La mixité, c’est super. D’ailleurs j’aime bien naviguer en double avec un garçon ou en mixte avec des garçons. Mais vu qu’il y a peu d’opportunités de faire ce genre de challenge de très haut niveau, je voulais vraiment donner toutes la places aux femmes”

 

Que souhaitez-vous dire à toutes les jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans la voile ? 

 

Alexia Barrier : Avec notre projet pour le trophée Jules Verne, notre mantra c’est « rêver, oser et partager ». Ne vous empêchez surtout pas de rêver, osez et une fois que vous êtes lancées, partagez un maximum pour donner envie aux autres. 

Racontez au monde votre projet et vos rêves. Cela donne beaucoup de courage.”

 

Un petit mot pour la fin ?

 

Alexia Barrier : J’invite les lecteurs de cette interview à nous suivre dans nos réseaux sociaux : « The Famous Project ». Et s’il y a des partenaires, surtout des femmes entrepreneuses, qui souhaitent nous rejoindre dans l’aventure,n’hésitez pas à nous contacter !

Merci Alexia pour ce partage ainsi que ce beau projet en perspective ! 🌍 💕🌊

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