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Rencontre avec Maé-Bérénice Méité, championne internationale de patinage artistique et entrepreneuse

Nous avons eu la chance de rencontrer Maé-Bérénice Méité lors d’une interview des plus riches, prenantes et inspirantes. Découvrez les coulisses du patinage artistique de haut niveau.

Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Maé-Bérénice Méité, j’ai 27 ans. Je suis membre de l’équipe de France de patinage artistique. Je suis sextuple championne de France, médaillée internationale, vice-championne du monde universitaire, porte-drapeau de la délégation française lors de l’Universiade 2019 et 2 fois olympienne en 2014 et 2018. 

J’ai également suivi des études en parallèle, donc en double projet, et j’ai obtenu mon master en management et marketing en juin 2021. Je suis depuis peu également dans le monde de l’entreprenariat et je lance petit à petit mes projets qui sont ‘Visio Planners’. Et également une application de management sportif sur laquelle je travaille actuellement.

Quel est votre palmarès ?

Sextuple championne de France élite, top 5 aux championnats d’Europe, top 10 aux championnats du monde, top 10 aux JO de 2014, finalistes aux JO de 2018, une quinzaine de participations en étapes de coupe du monde, vice-championne du monde universitaire, 5 et demi participations aux championnats du monde et 10 participations aux championnats d’Europe.

Quand avez-vous commencé le patinage artistique ?

J’ai commencé à l’âge de 5 ans dans la ville de Vitry-sur-Seine, tout simplement parce qu’on a la chance d’avoir une patinoire dans la ville ce qui n’est pas le cas de toutes les villes. J’y allais avec les centres de loisirs et l’école qui nous le proposaient, parmi la gymnastique et la natation, comme activité extrascolaire après les cours. Mes parents avaient décidé de me trouver une activité pour me défouler. J’ai donc choisi le patinage artistique. Ce choix leur était surprenant, car moins courant, mais ils m’y ont tout de même inscrite. J’ai beaucoup aimé, et 22 ans plus tard j’y suis encore. 

Comment est-ce qu’on se lance dans ce sport ?

J’ai la chance d’avoir eu ce lien avec l’école qui m’a permis de découvrir le patinage artistique. Sinon, il faut avoir la chance de bénéficier d’une patinoire dans sa ville et d’aller voir des séances publiques. Cela vous fera peut-être tomber amoureux.se du sport et vous vous y lancerez. Certains clubs essaient d’organiser des événements comme des portes ouvertes. S’il y a des compétitions, ils vont faire un petit peu de pub dans la ville pour que les gens puissent venir voir, et peut-être créer des vocations. A l’échelle un peu plus nationale, quand il y a des événements comme les jeux olympiques, les championnats d’Europe et les championnats du monde. On a la chance d’être un sport qui est un peu retransmis sur les chaînes comme France 3 ou Eurosport. Ainsi, les gens peuvent voir cela comme un modèle de représentation. Ils se diront ‘ah ok, j’aime beaucoup voir les strass et les paillettes, les sauts, et j’aimerais bien essayer et aussi’. De temps en temps, on fait aussi des tournées. Donc, là encore, si les gens viennent nous voir, peut-être que ça va créer de l’engouement. Il y a aussi les réseaux sociaux. Les gens peuvent tomber sur nos comptes et se dire ‘ok c’est cool, ça m’inspire, j’aimerais bien commencer’. Et cela à tout âge ! Des personnes un peu plus âgées sont venues me voir par exemple sur TikTok et m’ont dit ‘c’est trop cool, j’aurais trop voulu avoir un modèle de représentation comme toi quand j’étais plus jeune, mais du coup ça me donne envie de reprendre le patin ou de de m’y mettre parce que j’ai toujours voulu, mais j’ai jamais osé’. Il y a donc plusieurs moyens aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le patinage artistique ?

Tellement de choses ! Le fait d’avoir la chance de pouvoir s’exprimer devant un public, des jurys. Le fait de pouvoir raconter une histoire. Toute la dimension artistique. C’est vraiment génial parce qu’on peut choisir une musique qui nous ressemble et qui colle à l’histoire qu’on veut raconter. On peut transmettre des émotions. J’aime aussi cette sensation de liberté, de pouvoir voler sur la glace, de faire les sauts. On oublie tous nos problèmes, on est dans une petite bulle un peu magique. Le temps d’un programme de 4 min, on oublie tout. On a le cœur qui palpite. On a vraiment la chance de pouvoir s’exprimer devant des milliers de personnes, c’est une sensation assez unique. Toutes ces raisons me font vibrer quand je patine.

Quelles sont vos meilleures souvenirs sportifs ?

Être allée aux JO. Que ce soit les premiers ou les deuxièmes, c’est toujours un accomplissement, une sensation unique. C’est un événement rare qui ne se passe que tous les 4 ans. Tous les athlètes n’ont pas l’occasion d’y aller. Parfois, il y a même des athlètes de très haute envergure qui n’y sont jamais allés. C’est donc un honneur, un privilège d’avoir l’occasion de représenter son pays sur un telle échelle. Notamment, d’avoir été finaliste les 2 fois, et d’avoir fait un top 10. Ce fut donc de très bons souvenirs.

Un second bon souvenir, c’est ma médaille d’argent à l’Universiade d’hiver en 2015. Je traversais une période assez difficile, et ça c’était une victoire personnelle. Je ne pourrais retranscrire la sensation que j’ai vécue, mais c’était un moment unique. Quand on est vraiment prêt, dans sa bulle, que le corps est un peu en mode automatique, et qu’on le vit à fond, c’est une sensation étrange. On a vécu le moment, là, tout de suite, pendant 4 min dans sa bulle. Après, une fois qu’on est sorti, on se réveille et on se dit ‘oh wow ok, ça s’est passé, c’était réel, j’ai vécu ça’. C’est une sensation tellement incroyable.

Mon troisième meilleur souvenir, c’est mes tous premiers championnats d’Europe qui se sont passés à Berne, en Suisse, en 2011. C’était incroyable, l’Equipe de France était en feu ! Les garçons avaient fait un doublé, ils avaient fait 1 et 2. Brian Joubert, deuxième, Florent Amodio, champion d’Europe. En danse, ils étaient champions d’Europe. Moi j’avais fait un top 10, et ça faisait très longtemps que ça ne m’était pas arrivé dans la catégorie féminine. Tout le monde avait très bien patiné, c’était une compétition incroyable. J’étais la petite jeune, la petite nouvelle du groupe. Intégrer une telle synergie, c’est un souvenir qui reste gravé. Malgré la rivalité, la compétition, il y a une vraie synergie de groupe qui motive toute l’équipe. D’une discipline à une autre, on s’encourage et ça aide énormément. 

« Seul on va vite, mais ensemble on va plus loin. »

En quoi consiste votre entraînement quotidien ?

Il y a tellement de choses. On travaille certes beaucoup sur la glace, mais on y travaille en dehors aussi. Je vais vous partager mon emploi du temps type de là où je suis actuellement en Italie. Le matin avant de rentrer sur la glace, on fait une heure de préparation physique ou alors on a un cours de danse, ça dépend des jours. On a cours de danse deux fois par semaine et tous les autres jours de la semaine, c’est préparation physique. Ensuite, on fait 40 minutes de qualité de glisse, suivi de 40 minutes de techniques de sauts. Après, j’ai soit une petite pause, soit on fait un peu de spécifique au sol. Au sol c’est du spinner (un élément de patinage artistique qui imite les sensations qu’on peut avoir quand on est dans les airs ou quand on fait des pirouettes), des sauts au sol ou de la corde à sauter. Ensuite, on retourne sur la glace pour deux sessions où on travaille et perfectionne nos programmes. C’est toute la partie cardio et répétitions. 

En dehors de la glace, j’ai également des séances de kiné. A côté de ça, j’ai des séances de préparation mentale, surtout à l’approche des compétitions. Je suis aussi une diététicienne qui m’aide au quotidien dans ma routine culinaire. Quand je suis en France, je vois également l’ostéopathe pour m’aider à replacer mon corps à la suite de mes blessures. Quand j’ai l’occasion je vais aussi de temps en temps faire de la balnéothérapie pour détendre les muscles, et un peu tout désengorger.

Après les entraînements, je fais de la récupération qui passe par des étirements, et des massages avec des outils spécifiques. En ce qui me concerne, j’utilise ceux de mon sponsor Compex . Je fais également beaucoup de travail de visualisation de vidéos pour pouvoir analyser ce que j’ai fait sur la glace. Les vidéos m’aident à me corriger parce que des fois les coachs vont me donner une correction qui sera plus facile à intégrer une fois vue sur images. Je fais aussi de la chorégraphie au sol, soit avec mes chorégraphes soit toute seule. Je fais également beaucoup de travail de planification. Je planifie le contenu de mes séances, mais aussi leur organisation en fonction des compétitions qui vont arriver.

Y a-t-il des exigences physiques pour pratiquer le patinage artistique à niveau professionnel ?

Il y a beaucoup d’exigences physiques. Si on reprend un des codes de physique, quand une personne se lance dans les airs pour faire des sauts, le choc à l’arrivée représente 3 fois son poids. Il faut donc quand même avoir une certaine composition morphologique pour que les articulations puissent supporter tous les chocs qu’elles vont recevoir tous les jours. Ce sont des dizaines et des dizaines de sauts par jour presque tous les jours sur X années. Il faut donc quand même avoir un poids de forme qui nous permettra de pouvoir assurer la quantité et la qualité. 

« 500g de trop peuvent nous empêcher de finir un programme, ou peuvent causer des inflammations. »

Il y a donc de la préparation physique spécifique à nos besoins, afin de combler les faiblesses physiques et éviter certaines pathologies et blessures. C’est pour cela qu’on fait un peu de kiné préventive. Dans mon cas, vu que j’ai été blessée, pour la réhabilitation. La nutritionniste, elle, est essentielle. Il faut qu’on ait un apport d’énergie adapté, qui ne se consomme pas trop rapidement. Tout le monde ne consulte pas une nutritionniste, mais moi j’en ai besoin. J’aime bien qu’on me donne des indications claires et concrètes. En m’entourant de professionnels, je sais que je vais pouvoir tenir sur la durée, sans puiser dans des réserves à ne pas toucher. 

A cause de votre blessure il y a quelques mois et de la pandémie, vous avez dû mettre les compétitions en suspens. Est-ce qu’il vous a été difficile de revenir au meilleur niveau ?

Je me suis blessée lors de la qualification olympique durant les championnats du monde, l’année dernière, en mars 2021. Une rupture du tendon d’Achille en plein programme. J’ai eu une très longue convalescence de 6 mois en dehors de la glace. C’est tout de même assez court pour une rupture de tendon d’Achille. Normalement on met un an pour s’en remettre. Mais en suivant un protocole normal, pas forcément accéléré, j’ai pu revenir sur la glace après 6 mois. Ça n’a pas été si dur que ça de revenir à niveau, ou en tous cas de réacquérir les sauts. Cela malgré le fait que je sois revenu sur la glace avec un déficit musculaire. Cependant, au niveau du cardio, de l’enchaînement des sauts, c’est là où c’est un peu plus éprouvant. La partie la plus compliquée a été de maintenir la forme physique. J’étais limitée dans mes déplacements, j’avais des béquilles, et en plus c’était la période de COVID-19. J’ai beaucoup de muscles qui ont fondu donc il a fallu tout reconstruire. Cette partie-là n’a pas été trop difficile. J’ai la chance d’avoir une morphologie qui me permet de prendre en muscle assez facilement. Le plus difficile a vraiment été le cardio. J’ai tout de même pas mal de chance parce que j’ai repris mi-octobre, et en trois mois je suis quasiment revenue à mon niveau d’avant. 

Vous ne serez donc pas présente aux jeux olympiques d’hiver cette année ?

En fait, les championnats du monde de l’année qui précède les jeux représentent la qualification olympique. On peut jouer des quotas pour une, deux ou trois places maximum par nation. Comme je n’ai pas fini la compétition, on ne nous offre pas de quota, et j’ai dû déclarer forfait. Par conséquent, la France n’a pas eu le quota. Cependant, il y a toujours une épreuve de rattrapage qui se passe en septembre. Là, c’est une autre française qui y est allée, n’étant moi-même pas apte. Il aurait fallu qu’elle soit dans le top 6 ou le top 8 pour pouvoir aller chercher une place pour la France. Malheureusement elle n’y est pas arrivée. C’est pour cela que la France, dans la catégorie féminine, n’est pas qualifiée. Par contre on est qualifié chez les hommes et en danse sur glace.

(Retrouvez la liste des femmes qualifiées aux Jo d’hiver de Pékin 2022 juste ici!)

Vous avez participé aux Jeux Olympiques d’hiver à deux reprises, comment avez-vous vécu ces expériences ?

C’est un moment unique. Aux premiers jeux olympiques que j’ai fait, je ne me suis pas vraiment rendu compte de ce que je réalisais. Quand je me mets un truc dans la tête, je travaille pour et je le fais. C’était une tâche comme une autre, avec des objectifs. Je me suis dit que j’avais accompli ma mission, sans me dire que c’était les Jeux Olympiques. C’est après coup qu’on réalise, quand on voit l’engouement qu’il y a autour de ça. Quand je me suis retrouvée face à toutes ces personnes qui sont venues m’accueillir à mon retour des JO, si fières et heureuses. Là je me suis dit que ce n’était pas juste une compétition parmi d’autres. Certes, il y a des juges et une patinoire, comme pour les championnats d’Europe ou du monde, mais il y a cette autre dimension parce que justement ce sont les Jeux Olympiques.

Par contre, je n’étais pas du tout prédestiné à aller à mes deuxièmes JO. Je n’étais pas forcément au meilleur de ma forme. Par conséquent, toute la saison précédente, l’autre patineuse française était en tête. C’était elle d’ailleurs qui était allée aux championnats du monde pour aller chercher la place pour les jeux. Mais quand on ramène la place, c’est pour le pays et pas forcément pour soi. Donc moi avec ma détermination de guerrière, je me suis dit : c’est peut-être pas moi qui suis allée chercher la place, mais c’est moi qui vais aller aux JO. En travaillant dur je vais tout faire pour y aller et être la première. J’ai donc traversé toutes les compétitions de référence sur la saison. Ça a été pour moi une victoire personnelle. Je voulais absolument passer la finale parce que ma dernière expérience sur la scène internationale mondiale avait été les championnats du monde de 2016 à Boston. Cependant, après avoir fait un top 10 l’année d’avant je ne passais pas la finale l’année d’après parce que il y a eu un gap entre les deux années. Il y a eu une évolution chez les patineuses que je n’ai pas suivi. Je me remettais d’une blessure au genou qui me faisait stagner au lieu de progresser. En 2018, je me suis dit que je voulais me prouver que je faisais toujours partie des meilleurs patineuses mondiales. Je ne partais pas forcément avec les mêmes ambitions parce qu’à Sotchi j’étais dans un autre état de forme et j’avais les moyens d’aller chercher un top 10. Il faut tout de même rester réaliste et j’y ai déjà atteint mon objectif de faire la finale. Je voulais me faire plaisir. j’ai donc choisi deux programmes qui me parlaient à moi, et qui ne parlaient pas forcément aux gens. J’ai adoré le moment et je me suis dit que j’ai la chance d’être là et j’ai la chance d’y représenter la France. 

« Je sais qu’à mes prochains JO par contre, j’irai chercher une médaille »

Quels sont vos objectifs sportifs les années à venir ?

Mes objectifs sportifs c’est d’obtenir des médailles sur les étapes de coupes du monde, championnats d’Europe, championnats du monde et aux JO. Dit comme ça aujourd’hui, je sais que ça paraît très utopique parce que pour l’instant c’est la domination russe. Elles font des choses vraiment incroyables. Elles sont toutes jeunes, elles ont 15 ans, 16 ans. Elles font des quadruples sauts, elles ont des programmes qui sont à couper le souffle. Mais il faut rêver grand et il faut se donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Ce sont mes points de repère. Je pourrais quitter en disant que j’ai tout fait pour y arriver, mais j’ai encore mes objectifs d’obtention de médailles aux grandes compétitions. Si on se dit qu’elles sont intouchables, on n’y arrivera pas. Mais si on se positionne avec l’objectif de les battre et si on s’en donne les moyens, alors on peut y arriver.

Quelle est aujourd’hui la place de la femme dans le patinage artistique ?

En patinage artistique, on a quand même pas mal de chance. C’est un sport artistique finalement. C’est plutôt pour les hommes où c’est un peu plus compliqué de faire comprendre la dimension qu’apporte le patinage. On peut être à la fois artistique, gracieux et technique, et avoir ce côté « viril » pour tous ceux qui diraient que ce n’est pas un sport viril. Détrompez vous d’ailleurs, parce que pour le patinage artistique, comme la danse classique, on met tout en œuvre pour vous faire croire que c’est facile. Si vous venez tenter de faire les sauts, les pirouettes ou autres, vous verrez que c’est à la fois un art et un sport. Et ce sport n’est pas facile du tout. Je dirais que les femmes en patinage ont de la chance, on est assez visible. Il y a toujours des choses à améliorer, c’est certain, mais on a une bonne visibilité. 

Qu’en est-il des personnes de couleurs ? Est-ce qu’aujourd’hui, le patinage artistique est accessible à tous sans discrimination ?

Si l’on compare ma situation à celle de Surya Bonaly, par exemple, je n’ai pas du tout vécu la même carrière. Elle a brisé beaucoup de barrières, elle a aussi beaucoup subi. J’ai eu un parcours beaucoup plus lisse, c’est incomparable. Cependant, il est certain qu’il y a encore beaucoup de choses à faire pour les personnes issues des minorités. Il n’y a effectivement pas beaucoup de couleurs sur la glace. Il y a une forte communauté asiatique, beaucoup d’Américains, de Russes, mais moins de personnes noires. Il est néanmoins plus difficile de développer le patinage artistique en Afrique à cause des conditions météorologiques et des moyens à disposition. Mais il est vrai qu’on voit beaucoup moins de personnes issues des pays émergents.

Sur les derniers Jeux Olympiques, en patinage artistique, toutes disciplines confondues, je pense qu’il n’y avait que ma meilleure amie, Vanessa, et moi qui étions des personnes noires. Sur ce point, il y a encore beaucoup à faire, notamment en Amérique du Nord. C’est un sport qui n’est pas facilement accessible aux personnes qui sont issus des minorités. C’est très coûteux là-bas, encore plus qu’en France. 

Chez nous, l’Équipe de France était diverse, aux couleurs de la France. On le constate dans pleins de sports. La force de notre pays c’est qu’on a une incroyable diversité des ethnicités. A un moment, on avait Yannick Bonheur qui vient des Antilles, et Vanessa qui vient des Bermudes et de la Barbade. Mais aussi Florent qui est originaire du Brésil, moi qui ai des parents qui viennent de la Côte d’Ivoire et du Congo-Brazzaville. Ou encore Chafik Besseghier qui venait du Maghreb. On a toujours eu un melting-pot ethnique. Je suis très fière de l’Équipe de France parce qu’on est unique et à l’image de la diversité de notre pays. C’est un bon exemple de représentation. Ils nous voient sur la glace qu’eux aussi peuvent le faire. 

Cependant, le patinage artistique n’est pas accessible à toutes les bourses. Mais après en France, en termes de discriminations raciales, je ne pense pas qu’il y en ait. A l’échelle nationale, je n’ai vu que de la diversité. Beaucoup de gens, dont des Nord-Américains, me demandent si je me suis sentie seule, isolée. Mais j’ai évolué dans cette diversité et j’y suis habituée, c’était la norme, il y avait toutes les couleurs et origines.

« Des discriminations raciales je n’en constate plus, par contre au niveau des discriminations sociales, je pense qu’il y a encore des choses à faire. »

Quels sont les combats que vous menez à travers le sport? Comment y contribuez vous ?

A travers le patinage artistique, j’aimerais continuer de pouvoir être un exemple de représentation. J’aimerais, comme Surya Bonaly, pouvoir laisser mon empreinte. Parce que mine de rien, à travers le monde quand je parle de patinage et que je dis que je suis française, absolument tout le monde se souvient d’elle. C’est ça pour moi ‘être une légende’. C’est de se dire que peu importe où on va dans le monde, même si les gens ne se souviennent pas forcément de son prénom, ils vont dire ‘ah mais ça ne serait pas la patineuse qui faisait le backflip’. Tout le monde s’en souvient. 

« Je veux laisser mon empreinte dans ce sport, grâce à des projets au long terme comme l’application que je vais développer pour pouvoir aider notamment les athlètes à atteindre le cercle de haute performance. J’aimerais aussi pouvoir créer une fondation qui va aider à financer des personnes qui n’ont pas forcément les moyens mais qui ont le talent et l’envie. »

Je suis engagée au sein de l’organisation non-gouvernementale américaine ‘Figure Skating Diversity & Inclusion Alliance’ (FSDIA). Je suis la chairwoman (présidente) du département des partenariats. Notre mission c’est de diversifier le monde du patinage artistique, notamment en Amérique du nord car il y a encore un gros travail à faire, ainsi qu’à d’autres endroits dans le monde. On veut essayer d’apporter de la couleur sur la glace. On a notamment commencé un projet qui s’appelle ‘Big skater, little skater’. Un patineur issu de minorités ou de couleur va ‘mentorer un petit patineur. Il va lui donner des petits conseils, le prendre sous son aile, sans remplacer le coach. C’est un petit plus, si jamais ils ont besoin d’un petit message d’encouragement avant une compétition. S’ils ont besoin d’un petit conseil, nous on sera là. Ils bénéficient également d’une paire de patins gratuite qui permet de décharger un petit peu les familles de tout ce qu’ils doivent payer. Ils reçoivent aussi une petite aide financière pour les aider dans leurs saisons sportives. On commence doucement et on espère pouvoir faire grandir ce programme. 

A côté de ça je suis également engagée dans d’autres associations comme ‘Pour Une Planète Sans Frontières’, ‘Les abeilles solidaires’ et ‘ITODJU’.

Avez-vous quelques conseils à partager à toutes les femmes qui souhaiteraient se lancer dans le sport ?

Si vous avez un rêve, croyez en votre rêve, fort. Ne perdez jamais cette petite flamme qui est la flamme de la passion. Il y aura des moments difficiles, il y aura des moments où on n’a pas forcément envie, car on n’a pas tous les jours envie. Il faut savoir être discipliné et conserver cette petite âme d’enfant qui vous a fait commencer, peu importe le sport, peu importe la discipline. Quand il y a de la passion, en général c’est pas trop compliqué de prendre du plaisir. Mais c’est important, parce que des fois on commence, et au bout d’un moment on ne prend plus vraiment plaisir. Donc surtout, prenez du plaisir, profitez du processus d’apprentissage. ça va faire mal, ça va pas être fun tous les jours, mais on en sort grandi à chaque fois. Il y a toujours un enseignement à en tirer. Profitez et amusez-vous. 

« On n’a qu’une vie, ça passe très vite. Si on peut profiter de chaque instant, profitez-en et kiffez l’aventure tout simplement ! »

Petit mot de la fin :

J’aimerais remercier mes partenaires, mes sponsors. Si je peux patiner aujourd’hui, c’est en partie grâce à eux. En tant que sportive de haut niveau, je n’ai pas de revenu fixe. Ces dernières années furent très compliquées, et sans l’aide de la plupart des sponsors que j’ai, il est vrai que je ne patinerais plus aujourd’hui. Ne serait-ce que de pouvoir acheter une paire de patins. Elles coûtent autour de 1200-1300€. Je ne pense pas qu’ils sachent à quel point leur soutien m’est précieux. Donc si je peux leur rendre la pareille, alors je le fais.

Remerciement à Chique Sport, La ville de Vitry, John Wilson Blades, Edea Skates, Compex et Rhinblue

Retrouvez Maé-Bérénice Méité sur les réseaux, ainsi que sur youtube

@mae_meite The Amaezing 🌪 #figureskating #figureskatingtiktok #fypシ #foryou ♬ Move Slow – One True God

 

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