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Marion Poitevin, rencontre avec une championne qui bouscule l’alpinisme

Marion Poitevin, première femme secouriste CRS en montagne, nous parle de sa passion, l’alpinisme, de la place des femmes dans ce métier largement dominé par les hommes et de sa vie de sportive et de maman.

 

FDS : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ? 

Marion Poitevin: J’ai 36 ans, je suis monitrice d’escalade et de ski alpin, guide de haute montagne, secouriste CRS montagne, présidente du Club Alpins et de Montagnes ‘Lead the Climb’ et maman d’une petite fille de 2 ans. J’habite entre Albertville en Savoie et La Grave dans les Hautes-Alpes.

 

FDS : Comment avez-vous commencé le ski et l’alpinisme ? 

Marion Poitevin: J’ai pratiqué le ski avec mes parents depuis toute petite, 6 ans. Ma première course en alpinisme j’avais 15 ans.

 

 

 
 
 
 
 
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FDS : Quel est votre meilleur souvenir sportif ?

Marion Poitevin: L’ascension de la face nord des Grandes Jorasses dans le massif du Mont Blanc. C’est une face de 1200m sur un sommet de plus de 4000 mètres. J’étais avec une amie qui m’a donné sa confiance, j’ai mené la cordée pendant 24 heures.

 

FDS : Vous avez réussi à faire de votre sport votre métier, en quoi consiste votre journée type ?  

Marion Poitevin: J’alterne entre des moments d’attente pendant l’astreinte, d’opérations de secours et d’entraînements en montagne.

 

FDS : Pratiquez-vous toujours votre sport en dehors des heures de travail ? 

Marion Poitevin: De façon exceptionnelle, pour partager avec ma petite fille de 2 ans ou des ami.e.s.

 

FDS : Avez-vous d’autres passions ?

Marion Poitevin: Pas vraiment, tout tourne autour des sports de montagne.

 

 

 
 
 
 
 
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“Ma présence bouleversait quelques habitudes d’entre soi des hommes”

 

FDS : Vous êtes la première femme à avoir intégré le Groupe Militaire de Haute Montagne, la première femme instructrice de l’Ecole Militaire de Haute Montagne et la première femme secouriste CRS en montagne. Comment avez-vous su faire votre place dans un milieu dominé par les hommes ? 

Marion Poitevin: La passion des sports de montagne (ski, escalade, alpinisme) m’a toujours donné de l’énergie et l’envie d’en faire mon métier. Donc pratiquer des métiers dits d’hommes était la seule option. 

A 18 ans, je pensais naïvement que les combats pour l’égalité entre les hommes et les femmes faisaient parti du passé et je ne voyais pas pourquoi je ne pourrais pas pratiquer ces métiers. J’ai découvert par la suite qu’il n’y avait encore jamais eu de femmes guides de haute montagne à l’armée et à la police et que ma présence bouleversait quelques habitudes d’entre soi des hommes…

Une grosse dose d’intérêt pour les sports de montagne et un peu de naïveté m’ont permis de tracer mon chemin.

 

 

 
 
 
 
 
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FDS : Depuis que vous avez intégré le milieu du secourisme, observez-vous une évolution dans l’intégration des femmes dans ce milieu ?

Marion Poitevin: Je pratique le métier de secouriste en montagne en police. Pour rappel, le métier de secouriste en montagne existe aussi en gendarmerie et chez les pompiers. Les femmes sont des recrues essentielles dans la police. L’aspect secourisme rappelle les métiers du soin. Donc oui les femmes sont encouragées et accueillies dans cette spécialité. Nous sommes 4 sur 250 secouristes depuis mon arrivée en 2016. Et encore des recrues à venir !

 

FDS : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer l’association Lead The Climb ?

Marion Poitevin: Je formais des chasseurs alpins et ensuite des policiers aux techniques de l’alpinisme en semaine, du lundi au vendredi. J’ai eu envie de partager mes savoirs faire acquis dans des milieux d’hommes avec d’autres femmes pendant mes week end. J’avais également besoin de passer du temps avec d’autres femmes, me retrouver en tant que femme, entre copines. Je me perdais dans ma féminité à fréquenter que des hommes et surtout à chercher à m’intégrer au groupe en les imitant. 

Et puis finalement les stages proposés ont pris de l’ampleur. Le club est aujourd’hui affilié au Club Alpin Français, il propose 120 jours de formations au leadership et à l’autonomie dans les sports de montagne entre femmes. Nous sommes 240 adhérentes. Les stages sont encadrés par une dizaine de femmes guides de haute montagne. Les femmes guides sont une trentaine en France, elles représentent 2% de la profession totale.

 

 

 
 
 
 
 
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“Je suis la plus diplômée dans les sports de montagne en France” 

 

FDS : En 2019, lors de votre grossesse, vous avez perdu vos deux principaux sponsors, comment avez-vous vécu cela ?

Marion Poitevin: C’était très dur de subir une telle injustice. Au début, les team managers ont diminué mes contrats. J’ai décidé de faire valoir mes droits, de leur rappeler les lois, quitte à les contrarier. J’ai donc pu garder mes contrats une année de plus mais l’année suivante les team managers ont trouvé des excuses bidons pour ne pas renouveler mes contrats, ils étaient dans leur droit, cette fois-çi. Je me suis battue pour les athlètes suivantes. Pour que les team managers qui décident, de façon parfois arbitraire qui à droit à des milliers d’euros de matériel gratuit, ne virent pas une femme jusque parce qu’elle est enceinte

Au moment de l’annonce de la diminution de mon premier contrat, je suis enceinte de 3 mois. Je ne sais pas encore si le bébé va naître, s’il sera en bonne santé, si moi je serai en bonne santé également. Et si le bébé décède à quelques jours de vie, dans le pire des cas? Je perds mes contrats et le bébé ? Au moment de l’annonce de la fin de mon contrat pour l’année suivante, je suis en train d’allaiter, à 4 mois post partum. Je suis épuisée, je perds mes cheveux par poignées, je suis pleine de doutes sur mon retour en forme. Des athlètes exceptionelle sont revenues au meilleur niveau même après leur grossesse: Marie Dorin Habert, Serena Williams, Lynn Hill. Je pense très fort à elle et je me dis qu’il n’y a pas de raisons que je n’y arrive pas moi aussi.

L’année suivante mon accouchement j’enchaine une voie en 8A, une belle performance pour une guide de haute montagne et secouriste. 

Je suis aujourd’hui la plus diplômée dans les sports de montagne en France et maman mais je n’ai aucun sponsor important. Les exemples d’hommes qui ont des enfants, moins de diplômes et des sponsors sont nombreux autour de moi. 

 

 

 
 
 
 
 
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FDS : Avez-vous des objectifs et des rêves dans les années à venir ? 

Marion Poitevin: Une meilleure représentation des femmes dans les sports de montagne. Encore en 2021 je vois des clips publicitaires de promotion de produits de montagne où il n’y a aucune femme en action, plus particulièrement dans les marques françaises. Pourtant les femmes représentent 40% des adhérents aux fédérations de montagne (FFCAM et FFME).

Merci beaucoup Marion pour cet entretien inspirant et bonne continuation ! On espère que de plus en plus de femmes rejoindront vos rangs.

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