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Rencontre avec Célia Poncelin, autrice du roman :“Une si grande championne”

Dernièrement nous avons eu la chance de rencontrer Célia Poncelin, autrice qui a sorti il y a peu son tout premier roman. “Une si grande championne” c’est une histoire inspirée de celle de sa maman, pionnière du ski de fond. Elle retrace une autre période qui met en avant le combat d’une femme pour défendre ses droits dans le milieu du sport. 

 

Crédit Photo : Célia Poncelin

Pourrais-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Célia, j’ai 29 ans et j’ai sorti mon premier roman le jeudi 15 septembre 2022 aux Éditions du Volcan ! Je suis originaire de la région Rhône Alpes. J’ai grandi entre Chamonix, Grenoble et le Vercors.

“C’est là où est né ce roman sur l’histoire de ma mère et sur le ski de fond.”

Tu as sorti il y a peu ton roman :“Une si grande championne”. Peux-tu nous en dire davantage sur celui-ci, que raconte-il ? 

Ce roman raconte l’histoire d’une femme qui, dans les années 1970, est arrivée un peu du jour au lendemain dans le milieu du ski de fond. Et a remporté le championnat de France alors qu’elle n’était pas du tout destinée à ça ! Elle y a découvert un monde d’hommes, très conservateur où certaines courses étaient même interdites aux femmes. Ce livre raconte tout son parcours jusqu’à des courses internationales. Mais aussi celui qu’elle va entreprendre pour qu’en tant que femme, elle obtienne une meilleure reconnaissance de son statut dans le sport. 

 

“C’est basé sur l’histoire de ma mère, c’est d’inspiration réelle. Mon objectif était vraiment de raconter une autre période.”

Aujourd’hui je pense qu’on ne connait pas du tout cette histoire. Moi-même je suis tombée des nues en découvrant tout ce qu’il c’était passé grâce aux archives de l’époque. Et je pense que ça m’a mis un peu en rogne de voir cette histoire. 

“Il fallait que je raconte cette histoire pour qu’on puisse se souvenir et qu’on puisse aussi se rendre compte que finalement le féminisme a beaucoup progressé depuis 50 ans. Même s’il reste beaucoup de choses à faire.”

 

Comment t’es venue l’idée et l’inspiration ? Comment se lance-t-on dans la rédaction d’un roman ?

“J’adore écrire depuis l’adolescence.” 

J’étais à la recherche d’une nouvelle histoire à raconter quand un jour je suis rentrée chez mes parents et j’ai découvert un très vieux cahier où ma mère avait conservé cette histoire. Il contenait tous les articles de presse de l’époque, tous ses carnets d’entrainements, revues de l’époque, etc. Je les ai énormément utilisés pour reconstituer son histoire, faire une chronologie, essayer de comprendre,.. 

Crédit Photo : archives familiales Célia Poncelin

 

“On parle d’archives entre 1975 et 1984, ça raconte 9 ans de sa vie ! Du moment où elle gagne le 1er championnat de France jusqu’à la fin de sa carrière où elle est 20 fois championne de France et a remporté des titres internationaux.” 

Une fois que j’ai eu cette chronologie, je lui ai demandé des anecdotes. Je trouve que c’est aussi ce qui rend le récit réel. C’est ce qui apporte un peu de profondeur au récit, qui fait qu’on s’attache au personnage.

Je pense par exemple à une anecdote où elle avait une course le matin et une autre l’après-midi qui étaient à plusieurs centaines de km d’écart ! Elle ne savait pas comment faire pour participer aux deux. Et donc elle s’est dit : “Je vais remporter la première course avec une certaine somme d’argent à la clef, que je vais utiliser pour prendre un hélico afin de me rendre à la course de l’après-midi. Course où elle est arrivée 1ère et où malheureusement elle a été disqualifiée… Car elle est arrivée tellement vite qu’ils n’avaient pas eu le temps de tracer la ligne d’arrivée !”

 

 

 

“Une fois que j’ai eu tout ceci, je me suis lancée dans l’écriture. Ce qui m’a aidé c’est que c’était classé par ordre chronologique. Puis j’avais des points de passage. Il fallait d’abord que je raconte le personnage dans son contexte. Que je raconte ce qu’est le ski de fond qui est un sport de niche. Et puis les différentes compétitions et grandes étapes qu’elle a eu que cela soit positif ou non.”

Par exemple la fois où la fédération française de ski de fond l’a refusée aux Jeux Olympiques parce qu’ils ne voulaient pas emmener de femmes aux J.O. Également des moments historiques, comme cette très grande course qui s’appelle “La Vasaloppet”. La course la plus difficile du monde en ski de fond, qui a été ouverte aux femmes pour la première fois en 1981. 

 

Crédit Photo : archives familiales Célia Poncelin

 

Quelle partie de la vie de ta mère t’as le plus touchée  ?

Ce qui m’a le plus touché était de voir que le statut de la femme à l’époque n’était pas du tout égalitaire au statut des hommes. Au début elle a été refusée en équipe de France, aux J.O, ainsi qu’à certaines compétitions qui étaient interdites aux femmes,.. Aussi, le fait que comme elle ne venait pas d’un milieu sportif et n’avait pas grandi dans ce sport, on avait beaucoup de mal à l’accepter. C’était un milieu très fermé. 

“Ce qui m’a touché, c’est son côté de battante. Le fait qu’elle se soit dit : je continue de m’accrocher malgré le fait que tout le monde soit contre moi. Et parce que j’y crois et je pense qu’il y a du potentiel.”

 

 

 

 

As-tu toujours voulu te battre pour la cause féminine ?

Oui. L’histoire s’est imposée à moi et a été d’autant plus touchante qu’elle parle de ma mère qui était une pionnière dans le combat de l’égalité femmes-hommes. Voir le statut de la femme à l’époque m’a beaucoup fait réfléchir. Mais le fait que ça soit une histoire un peu féministe me touche davantage je pense. D’autant plus que j’ai aussi réalisé le statut de la femme à l’époque.

“On parle d’il y a 50 ans, nous étions dans les années 1975. C’est là que j’ai réalisé que c’est l’année où le divorce et l’IVG ont été autorisés en France ! Pourtant c’était il y a seulement 50 ans et ma mère avait le même âge que moi aujourd’hui.”

 

Cela faisait 10 ans seulement que les femmes avaient eu l’autorisation d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leurs maris… Quelque part je pense aussi que ça m’a énormément sensibilisée à cette cause. Je considère le féminisme comme l’égalité femmes-hommes.  “Je pense que son parcours a contribué à faire en sorte qu’il y ait un peu plus d’égalité du statut de la femme dans le sport, même si il y a encore du chemin à faire.”

 

Es-tu toi-même une grande sportive ? Quel est ton sport coup de cœur ?

J’aime beaucoup le sport, j’ai plusieurs sports coup de cœur. Je fais du ski de fond depuis toute petite (même si je ne suis pas du tout experte !).  J’aime bien le yoga, l’escalade et le vélo comme sports de prédilection.

 

Un/Des conseil(s) aux femmes qui voudraient elles aussi se lancer dans la rédaction/des projets pour défendre la cause féminine ?

Je dirais qu’un bon moyen de se lancer est de faire des cours d’écriture. En France il y a pas mal d’initiatives là dessus. Il y a par exemple une école qui s’appelle “Les Mots” où on peut prendre des cours en physique mais aussi à distance. De mon côté c’est comme ça que j’ai commencé, parce que j’avais un peu ce syndrome de la page blanche !

 “À l’époque, j’avais fini d’écrire un roman et je n’arrivais pas trop à me relancer dans un autre, et faire des cours d’écriture m’a énormément aidé. Tu es avec un groupe pendant 3 mois et chaque semaine tu progresses sur un écrit. Et, même si tu n’as pas forcément de projet, cela permet vraiment d’enclencher cette dynamique qui fait que tu as envie de te lancer !”  

Un deuxième conseil, ce serait d’écrire très régulièrement, ne serait-ce qu’un journal intime. J’en ai toujours eu un ! Rentrer dans un rythme où tu écris beaucoup ça aide.

 

Des projets pour défendre la cause féminine : je connais une association qui a pour but de mettre en ligne des pages wikipédia de femmes tombées dans l’oubli : “Les sans pagEs”. C’est aussi quelque chose que j’ai découvert lorsque j’ai tapé le nom de ma mère à l’époque sur Google. Je n’ai rien trouvé à part 1 article. (Maintenant il va y en avoir plus donc ça c’est bien !) Et lorsque j’ai tapé le nom de son acolyte masculin qui avait fait exactement la même carrière qu’elle à l’époque, il y avait énormément d’articles… 

“C’est là que je me suis dit que, pour défendre la cause, faire des fiches Wikipédia pour redorer le blason de certaines femmes oubliées, ça en fait partie aussi !”

 

Crédit Photo : archives familiales Célia Poncelin

Le mot/mojo de la fin ? Où pouvons-nous retrouver ton livre ?

“Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous avant de tomber doit porter plus loin le défi de l’homme” Citation en introduction du livre de Romain Gary.

Je trouve que ça représente bien ce qu’on essaie de faire toutes à notre niveau. Faire avancer une cause pour plus d’égalité. Petit à petit, étape par étape, on fait en sorte que cela avance. Le fait de montrer des exemples est super important. On se rend compte qu’on n’est pas seule. Que des femmes sont passées par là. Et je pense qu’on a vraiment besoin de construire des roles modèles en tant que femme. 

Mon roman est à retrouver dans toutes les librairies sur commande et sur toutes les plateformes Fnac,… !

 

Merci Célia pour cette superbe interview très inspirante ! N’hésitez pas à aller faire un tour en librairie si vous souhaitez découvrir davantage ce beau roman ! 

Pour découvrir davantage les étapes de l’évolution du sport féminin ainsi que d’autres interviews exclusives, rendez-vous sur notre site !

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