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Interview avec Joséphine Bigo, cofondatrice de la marque Hästko 100% dédiée à la lingerie de sport

Dernièrement, nous avons eu la chance de réaliser une interview avec Joséphine Bigo, cofondatrice de la marque de sous-vêtements de sport Hästko. Elle nous raconte la création de la marque et les difficultés rencontrées. Hästko répond aux besoins des femmes qui souhaitent faire du sport tout en étant à l’aise dans des sous-vêtements adaptés. C’est de la frustration commune des deux fondatrices qu’est née cette marque.

 

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

 

 

 

Joséphine Bigo : Je m’appelle Joséphine Bigo et j’ai 34 ans. Je viens d’un mini village du sud de la France, La Barben. J’habite aujourd’hui à Chamonix Mont-Blanc. J’ai travaillé dans le ski pendant 8 ans. J’ai ensuite créé Hästko avec une amie cavalière, Aurélie Moinier. Je suis féministe. Je fais du trail running, du ski, de l’équitation et du cross training. Je suis créative et très impatiente. J’adore les chaises et les escaliers de designers, les lignes d’arrivées et les petites imitations de fruits en pâte d’amande.

 

 

Peux-tu nous parler de la marque HÄSTKO ? Quelles sont les valeurs qui se trouvent derrière ?

 

Joséphine Bigo : HÄSTKO est la première marque de lingerie dédiée au sport. La marque est née au pied du Mont-Blanc à Chamonix. Depuis le tout début, la valeur n°1 est l’empathie. Nous privilégions l’accessibilité et la facilité d’échanger avec la marque que ce soit pour des conseils, un essayage, un service client. Nous mettons un point d’honneur au bien-être de nos clientes et de notre équipe en interne.

La théorie du « Shark Tank » et du « business is business », ce n’est pas dans l’ADN des fondatrices. On y va plutôt au feeling ! D’ailleurs, on nous l’a déjà dit à plusieurs reprises lors de notre première levée de fonds : « Vous n’êtes pas assez business oriented ». Et c’est vrai. Je dirais que nous sommes plutôt « vision oriented ».

 

Comment vous est venue l’idée de créer ce concept à deux ?

 

 

Joséphine Bigo : Le concept est la résultante de notre méga frustration. Avec Aurélie nous pratiquons des sports variés 4 à 7 fois par semaine. Nous vivons dans nos sous-vêtements de sport toute l’année. Quelle frustration de ne rien trouver à se mettre ! Nous voulions du confort, du maintien et du style avec des hauts et bas assortis.

 

Lorsque l’on cherche de la lingerie classique, c’est simple. Il y a énormément de boutiques pour tous les budgets. Il y a des marques ancestrales comme Lise Charmel, Lejaby, Aubade. Il y a aussi des DNVB (Digital Native Vertical Brand) sympas comme Livy, Noo ou Ysée. Il y a du choix dans les coupes et les tailles avec des hauts et des bas assortis. On rentre dans une boutique, on y trouve du balconnet, du corbeille, du plunge, du triangle bralette. Vous trouvez des tailles allant du A au G et du 75 au 120. Pour aller avec les hauts vous avez du string, du tanga, du shorty, de la culotte, du taille haute et du taille basse. Les marques sont spécialisées dans le secteur de la lingerie. Elles ne vendent pas des chaussures en cuir et des sacs à dos à côté.

Bizarrement en sport c’est tout l’inverse ! On retrouve une ou deux brassières chez tous les équipementiers, perdues à côté des chaussures de running ou des vestes de ski. Pour nous ce n’était pas logique ni suffisant, surtout quand on connaît les problématiques liées à la poitrine dans le sport…

Chez HÄSTKO nous développons la lingerie de sport du futur. Nous construisons depuis plus de 4 ans déjà notre vision. Nous avons encore une sacrée dose de travail pour arriver à la finalité de notre concept : une marque 100% dédiée à la lingerie de sport.

C’est très complexe pour une petite structure avec des moyens limités d’arriver à cette apothéose de choix. Pour le moment nous avons un unique modèle de soutien-gorge et l’objectif est d’en avoir 6 d’ici la fin d’année 2023.

 

Quelles ont été les étapes nécessaires à la réalisation de la marque ?

 

Joséphine Bigo : À refaire,  je ne sais pas si nous aurions le courage. Je pense que l’ignorance nous a permis de nous lancer dans cette aventure. Je rigole !

Nous avons créé HÄSTKO avec nos petites économies clairement insuffisantes. Nous avons dû d’abord présenter notre projet à des structures comme le Réseau Entreprendre, la BPI France, la CCI. Nous avons « pitché » pour décrocher des aides et des prêts. En parallèle nous avons travaillé avec des stylistes, des bureaux d’études et différentes usines pour réussir à sortir notre première collection. Nous avons déposé un brevet d’innovation pour notre système de protection en gel amovible, le RIDINGPAD®. Nous avons remporté de nombreux prix comme le challenge EQUITA ou l’Outdoor Award OSV. Nous avons ensuite fait une levée de fonds auprès d’investisseurs privés pour développer le concept. Nous avons ouvert notre première boutique en juillet 2022, qui est aussi notre bureau de développement des collections.

 

Quels ont été les obstacles rencontrés depuis la création de la marque Hästko et comment les as-tu surmontés ?

 

Joséphine Bigo : À ce stade de « startup », notre ennemi principal c’est le temps. Car pour sortir un excellent soutien-gorge de sport – entre le stylisme, la conception, les prototypes et essayages, les matières, la gradation qui se fait au millimètre près, puis le lancement de production… – il s’écoule entre 18 et 24 mois. Il faut réussir à survivre et à faire tourner la structure jusqu’à la fin de la recherche et développement et encore avoir des fonds à ce moment fatidique pour lancer la production.

Nous avions quitté l’Asie pour travailler avec une usine européenne magnifique. Malheureusement elle ne nous livre pas et c’est la rupture de stock constamment. Le Covid a joué un rôle très important. Lorsque nous sommes arrivées dans l’usine en Europe, ils n’avaient pas beaucoup de clients. Ils nous ont accueillies à bras ouverts. Mais une fois la crise sanitaire arrivée, toutes les grandes marques sont revenues en Europe pour sauver les meubles et nous nous sommes retrouvées en bout de liste des priorités de l’usine. Je peux le comprendre car ils sécurisent des gros players plus stables pour leur futur mais pour nous c’était vraiment une grosse claque à nos convictions.

Il faut savoir que seules 3 usines au monde utilisent la méthode d’impression 3D que nous avons sur notre lingerie. Pour le moment, nous avons fait le choix de reproduire partiellement en Chine pour 2023 pour pouvoir continuer d’exister et sauvegarder notre équipe. Heureusement nous connaissons bien la qualité et la rapidité d’exécution de notre usine shanghaienne. Il n’y a rien d’aussi haut-de-gamme et high-tech à ce jour en Europe. Mais nous restons persuadées que les choses évoluent dans le bon sens pour une bonne partie de l’industrie de la mode et de l’habillement.

 

Tu apportes ton soutien dans la lutte contre le cancer du sein. Est-ce qu’il y a d’autres causes pour lesquelles tu envisages de t’impliquer ? 

 

Joséphine Bigo : Nous avons aussi travaillé 2 ans avec le refuge pour équidés Les Crins de Liberté à qui nous reversions 1% de notre chiffre d’affaires. Il y a plein de causes qui nous touchent personnellement mais il n’y a pas un plan d’action marketing basé là-dessus. Nous nous impliquons dans des projets selon les opportunités et les rencontres. Nous ne pouvons pas encore beaucoup aider financièrement donc on donne de notre temps. Je suis membre de association locale Access Mont Blanc menée par des femmes pour faciliter l’accès aux sports outdoor pour les personnes en situation de handicap.

 

Quels conseils peux-tu transmettre à celles qui ont également envie de lancer leur propre marque ?

 

Joséphine Bigo : À ne pas hésiter à parler à plein de femmes qui sont déjà passées par là. Ça fait gagner beaucoup de temps et d’argent, ça aide à structurer son idée. Il ne faut surtout pas appliquer tous les conseils que l’on reçoit. Il faut simplement bien écouter, bien s’informer, puis faire le tri. Il faut aussi avoir une résilience extrême et être prête à trouver un job alimentaire en parallèle car le succès peut mettre des années à arriver. 

D’après moi les qualités pour réussir sont la curiosité, l’abnégation et la patience. J’ai de la chance car mon associée Aurélie est une championne dans ces domaines. J’ai énormément de respect pour les gens qui entreprennent seuls. Personnellement je n’aurais pas tenu sans Aurélie.

 

Comment imagines-tu la suite pour Hästko ? As-tu des envies ou des projets que tu souhaiterais développer ? 

 

Joséphine Bigo : Pour le moment je me projette jusqu’au stade où nous aurons enfin abouti le concept de HÄSTKO : une gamme complète de lingerie de sport pouvant convenir à toutes les femmes. Le rêve pour moi serait d’intégrer une équipe de techniciennes à HÄSTKO avec des machines pour le prototypage, voire même pour des petites séries limitées made in France.

Et puis évidemment j’ai des concepts qui fusent tous les jours et plein d’autres rêves mais je me concentre déjà sur HÄSTKO pour l’instant.

 

As-tu un petit mot de la fin ?

 

Joséphine Bigo : J’essaye toujours de libérer du temps pour échanger avec des femmes qui rêvent d’entreprendre. Vous pouvez me contacter facilement sur LinkedIn.

 

Si cette interview vous a plus et que vous souhaitez en découvrir d’autres, n’hésitez pas à consulter d’autres interviews exclusives sur notre page.

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