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Interview avec Virginie Guillin, de journaliste à mannequin en passant par arbitre de foot

Récemment, nous avons eu l’opportunité de réaliser une interview avec Virginie Guillin, journaliste de profession. Entre le mannequinat, le crossfit, l’arbitrage dans le monde du football et son métier de journaliste, cette sportive entrepreneuse nous retrace son parcours atypique au travers de ses multiples passions. 

 

Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

 

Crédit photo : Bastien Grivet

 

 

Je m’appelle Virginie Guillin, j’ai 29 ans et j’habite dans le sud de la France à Montpellier. Je suis journaliste de métier et chef de projet digital. Je travaille pour une entreprise qui vend des jeux et des solutions socio-éducatives pour les personnes en situation de handicap. 

J’ai fait beaucoup de choses très différentes dans ma vie. J’étais présente sur Miss France en 2016 pour Miss France 2017. J’ai représenté la région Midi-Pyrénées à l’élection de Miss France. Je suis ensuite rentrée dans la Marine nationale en tant que journaliste. Après plusieurs années, j’ai travaillé pour la presse écrite, notamment pour la Dépêche du Midi. Ensuite, j’ai été hôtesse protocolaire pour le tour de France. Je représentais la marque Continental. Je fais beaucoup de mannequinat depuis 10 ans et je suis aussi passionnée par le foot. 

 

 

 

Récemment, j’ai choisi de lancer une carrière dans l’arbitrage de foot. J’ai passé une formation théorique ainsi qu’un examen sportif cet été. J’ai pu commencer à arbitrer en septembre un match de U15 (enfants). Maintenant, je suis en district. J’en suis à mon 5e match. Je peux me déplacer dans tout le département de l’Hérault. J’ai commencé mon premier match comme arbitre central. Un arbitre de foot est le maître du jeu. Il est aussi responsable de la sécurité des joueurs, du bon déroulement du jeu, de la procédure en amont du match, etc. C’est une expérience complète. On a un gros poids sur nos épaules. Les supporters peuvent être très virulents.

J’ai fait d’autres matchs en tant qu’arbitre de touche. Je suis plus à l’aise à ce poste. C’est un rôle un peu plus facile car je peux me référer à mon arbitre central si besoin. Je suis quelqu’un de juste, j’aime le sport, le foot en général et je respecte les lois du jeu. Se lancer dans l’arbitrage à 29 ans est assez tardif. Mais les femmes ont l’avantage de pouvoir prétendre arbitrer pour la fédération jusqu’à 35 ans. 

L’arbitrage c’est un tout humainement, sportivement et techniquement parlant. Je suis très sensible et le sport m’a permis de me faire une carrure et me rendre forte. Cela a été une thérapie et m’a fait prendre confiance en moi.

 

Tu as été Miss Midi-Pyrénées. Est-ce que tu pourrais raconter ton expérience et comment tu l’as vécue?

 

Crédit Photo : Droits Réservés

Je l’ai très bien vécu. Ça m’a fait prendre beaucoup de maturité. C’était une aventure humaine avant les strass et les paillettes. En 2016, il n’y avait pas toute cette compétition à travers les réseaux sociaux. Je suis arrivée au moment où Instagram commençait à prendre de l’ampleur. Je n’avais pas vocation à devenir Miss France. C’était un challenge et un rêve. C’était aussi le rêve de ma maman. J’ai voulu, à travers l’éducation qu’elle m’a donnée et les difficultés qu’elle a surmontées quand elle m’a élevé, la remercier et lui montrer que je pouvais y arriver. 

C’était une très belle aventure. Je me suis fait plein d’amies filles avec qui je suis encore en contact. J’ai rencontré des miss d’autres années avec qui j’ai aussi lié une amitié forte. C’est un monde à part. Je l’ai bien vécu car j’avais beaucoup de recul et de maturité. J’étais l’une des plus âgées. J’avais 23 ans et j’avais déjà construit ma vie. J’étais en école de journalisme et avais déjà eu des expériences dans la mode avant. Ce n’était pas une fin en soi d’être finaliste ou Miss France. Nous sommes partis un mois à l’île de la Réunion. J’ai fait des plateaux télévisés, des défilés, des couvertures de magazines. Ça m’a apporté beaucoup de bonheur. Dans le sud, on n’a pas toutes ces opportunités. 

 

Mais attention c’est très difficile. On est jugé sur son physique, on se remet beaucoup en question. On est en pleine construction à 23 ans. J’ai souffert par la suite de dysmorphophobie. Je me voyais plus « grosse » que ce que je n’étais. J’ai souffert du fait que je ne me trouvais jamais assez belle, bien et fine. Le sport m’a aidé à changer de regard et à ouvrir mon esprit sur des choses différentes.

 

Côté sportif, tu fais du CrossFit. Pourquoi avoir choisi de pratiquer ce sport ?

 

J’en fais depuis un an. C’est un sport qui est très complet. Il regroupe l’haltérophilie, la musculation et la gymnastique. On ne cesse de se dépasser. Personnellement, j’avais besoin d’avoir un coach qui me guide. Il montre les mouvements à effectuer. A chaque fois, ce sont de nouveaux challenges à réaliser. Chaque séance de CrossFit est différente. Au-delà de l’aspect physique, psychologiquement on va au-delà de ses retranchements et limites. C’est un beau sport avec de belles valeurs. 

 

En même temps, tu es arbitre de foot. D’où te vient cette envie ?

 

Photo Droits Réservés

 

 

C’est un copain qui m’a lancé dans cet univers-là. Il est arbitre de foot de très bon niveau. Il m’a dit que je devrais me lancer dans l’arbitrage. Un jour pour rigoler, je lui ai dit que j’allais passer l’examen. Je l’ai réussi et je me suis lancée dedans. Je pense que c’est pour le challenge sportif et pour me prouver qu’en tant que femme, on peut travailler dans le foot et manager. L’arbitrage c’est un leadership. Même si ce n’est pas toi qui joue, c’est toi le “maître du jeu”. 

 

 

 

Quel est ton avis face aux remarques négatives concernant la place d’une femme en tant qu’arbitre de foot ?

 

Dans le sport de manière générale, je ne fais pas de distinction entre un homme et une femme. C’est pareil pour l’arbitrage. Les arbitres femmes en fédération sont de vraies athlètes. Elles sont légitimes autant que les hommes. Pour avoir fait Miss France et avoir eu des déversements de haine, je sais qu’on se fait facilement juger. Personnellement, je suis préparée à ça et cela ne me touche pas. Je trouve que les femmes dans l’arbitrage sont courageuses. C’est important d’avoir des femmes dans le sport et dans le foot. Elles ont plein de choses à donner et à offrir. Elles ont peut-être une manière de manager différente. Elles sont plus strictes sur certains points et plus pédagogues sur d’autres. Il faut que les mentalités évoluent par rapport à la place des femmes dans l’arbitrage. C’est dommage qu’il n’y ait pas assez d’arbitres femmes en fédération. Cela ne donne pas une bonne image du foot et cela ne donne pas envie aux autres femmes de se lancer dans cette carrière. 

Le foot est un sport populaire ouvert à tous. Il y a beaucoup de supporters qui montent dans les tours. Mais il faut arriver à gérer ça et rester concentré sur le match. La difficulté est de ne pas se laisser déconcentrer. Cela nous apprend beaucoup sur nous-mêmes et sur notre self-contrôle. 

 

As-tu rencontré des difficultés à t’intégrer dans l’une de ces deux activités ou dans les deux ? 

 

Bizarrement, non. Quand j’arrive à des matchs de foot, je suis la seule fille dans les clubs et c’est rare d’en voir d’autres. Parfois on essaie de me tester, on me fait des remarques désobligeantes ou sexistes. Mais c’est à moi de ne rien laisser passer pour me faire respecter avec douceur. Si quelque chose ne me plaît pas, je le dis dans la diplomatie. Je suis en district (le plus bas niveau de l’arbitrage) et pour le moment je n’ai pas eu de difficultés à m’intégrer. Dans le crossfit non plus. Je fais pleins d’autres activités à côté mais je n’ai jamais eu de rejets. Par contre, quand on arrive dans le foot, on peut remettre notre crédibilité en doute par le fait que nous soyons des femmes. Les gens se demandent si nous sommes une ancienne joueuse, si nous connaissons toutes les règles, … On est accueilli avec suspicion. 

 

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ces deux activités ?

 

Le CrossFit c’est plus tranquille. Il y a moins de pression. C’est plus un dépassement personnel, le coach t’encourage et te pousse à aller plus loin. Dans le foot, ce qui me plaît c’est d’avoir ce leadership. Le jeu en lui-même me plaît aussi. Que ce soit la technique ou faire respecter les 17 lois du jeu. J’aime l’atmosphère du foot, le stade, le terrain, le sport, les rencontres, etc. J’aime le côté humain, voir deux équipes qui s’affrontent, les retournements de situation, … 

 

Quels sont tes objectifs et tes projets pour l’avenir ?

 

J’espère continuer à exercer mon métier dans le journalisme. J’aimerais travailler dans la communication sportive. Soit comme journaliste sportive ou en tant que community manager dans le sport (et pourquoi pas dans le foot). Si j’en ai les capacités, j’aimerais devenir arbitre en fédération dans 3 ou 4 ans et au moins arriver en D1 (championnat des féminines). 

Du côté personnel, je souhaite continuer ma vie à Montpellier, profiter de mes amis, ma famille. Je voudrais continuer d’apprendre dans le crossfit car ça évolue tellement. Je vais essayer de ne pas être touchée quand quelque chose se passe mal dans le foot. Je voudrais essayer de progresser de saisons en saisons si ça me plait toujours car c’est très difficile mentalement. Il y a des weekends où ça se passe bien et d’autres où on se remet en question. Je fais beaucoup de route dans tout le département. C’est beaucoup de temps que je donne en plus de ma semaine de travail. Je me donne humainement et sportivement, il y a beaucoup de choses à gérer, … 

 

As-tu des conseils à donner pour celles qui souhaitent se lancer dans le CrossFit, dans l’arbitrage ou dans ces deux sports ? 

 

Ceux qui cherchent des réponses en eux peuvent se lancer dans le crossfit car on se remet beaucoup en question, on va au-delà de nos limites. 

Dans l’arbitrage, j’encourage les filles à se lancer et à arrêter si ça ne leur plait pas. L’arbitrage c’est l’école de la vie. On apprend tellement sur soi-même, sur les autres, sur les humains, … Je leur dirais de ne rien lâcher, persévérer et s’endurcir, rester passionné, se documenter, croire en soi et se donner les moyens de réussir. C’est la clé du succès.

 

As-tu un petit mot pour la fin ?

 

Merci à ce média de mettre les femmes dans le sport en valeur. Je trouve que c’est important. Le sport véhicule de belles valeurs et il faut montrer qu’il y a pleins de femmes qui les portent haut et fort. Pour moi, que l’on soit un homme ou une femme, on est capable de réussir à la même échelle si on s’en donne les moyens. 

 

Merci encore à Virginie Guillin de nous avoir accordé cette interview ! Vous pouvez la retrouver sur ses réseaux sociaux :

Instagram  : @come_on_sweet_virginia 
 
 
 
Sa chaîne YouTube donne la parole à ses invités. Chacun s’exprime sur les combats qu’il vit, le tout dans un cadre bienveillant.
 
Vous pouvez retrouver sa dernière vidéo ici : 
 
 
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