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Interview avec Lénaïg Corson, joueuse de rugby engagée

Lenaig_corson

Femmedesport rencontre Lénaïg Corson, ancienne joueuse de Rugby désormais engagée pour l’ouverture de ce sport à tous. 

Femmedesport: Pour commencer est-ce que tu peux te présenter ?

Je suis Lénaïg Corson, j’ai désormais arrêté ma carrière de rugby. J’ai commencé à jouer à l’âge de 20 ans. Ce sport a changé ma vie pour toujours. Et aujourd’hui après avoir joué 10 ans en équipe de France de rugby, j’ai voulu transmettre mon expérience auprès de jeunes filles notamment. 

C’est pourquoi j’ai créé l’association Rugby Girl Académie. C’est une association qui a pour vocation de faire découvrir le rugby au plus grand nombre de jeunes filles. Mais aussi à les aider à se sentir bien, à s’épanouir dans leur vie. Qu’elles soient bien dans leur tête et dans leur corps. Dans ce programme il y a plusieurs ateliers de différents types. Que ce soit autour du rugby évidemment pour aider à gagner en technique, à savoir mieux faire des passes, à comprendre la stratégie de jeu. Et puis avant tout s’amuser. Car je pense que c’est avant tout ça le rugby, cela reste un jeu. 

L’idée c’est que chaque jeune fille trouve sa place. Et à travers la pratique du rugby on vient aussi développer les valeurs du rugby. C’est-à-dire comment on vient s’entraider, encourager une fille qui démarre. Aujourd’hui nous sommes face à cette problématique en France, qu’il n’y a pas assez de joueuse de rugby. Pour aider la base à se développer, il faut aller chercher des jeunes filles dans les écoles, dans les quartiers, dans les collèges. Pour leur faire découvrir la pratique et « kiffer » la pratique. Et puis derrière les fidéliser pourquoi pas dans un club. C’est tout le but de l’Académie, qu’elles puissent après continuer à faire du sport. 

Parce qu’aujourd’hui 1 jeune fille sur 4 arrête le sport à l’âge de 14 ans. Et c’est typiquement la tranche d’âge sur laquelle nous nous sommes focalisés. Pour qu’elles n’arrêtent plus le sport et qu’elles découvrent le rugby. Car c’est un sport qui a plein de belles valeurs dont notre société a besoin. De l’entraide, de la solidarité, de la tolérance envers l’autre et l’intégration des autres aussi. 

Nous avons des filles qui viennent d’univers très différents. Des filles qui viennent de la campagne, des filles qui viennent de la banlieue. Des filles qui ont des moyens économiques différents. Mais aussi des filles qui ont des physiques et des âges différents. 

L’idée c’est d’intégrer des gens très différents et de les faire vivre ensemble, de leur faire passer une très bonne semaine. Leur faire comprendre l’importance de la diversité dans la société. Et en plus de ça toutes ces valeurs du rugby que nous venons communiquer et appliquer dans chacun des ateliers. On fait en sorte d’avoir un programme qui puisse les aider à s’épanouir. 

Nous avons des ateliers qui sont tournés autour de la santé féminine et autour de la nutrition. Car il y a de plus en plus de jeunes aujourd’hui touchés par l’obésité et le surpoids. Nous venons leur donner les clés pour mieux manger et manger aussi de façon plus responsable. Nous leur faisons comprendre par exemple qu’il y a une incohérence à manger des tomates en plein hiver. On vient les éveiller là-dessus. Nous avons aussi des ateliers sur le côté environnemental. C’est une de mes convictions et quelque chose que j’ai envie de véhiculer à travers les stages qu’on organise.
 




Femmedesport: Quelles formes prennent les ateliers proposés ? 

Lénaïg Corson: Nous avons différents programmes. Nous nous sommes fait connaître avec nos semaines de stage, avec plus de 40 inscrites, 12 ateliers, 17 experts qui interviennent sur la semaine. C’était lors de la coupe du monde de Rugby en Novembre 2023. 

Aujourd’hui, nous avons développé le concept à la journée. Nous intervenons auprès de collectivités locales, des centres de loisir, pour vraiment aller chercher un nouveau public. La Rugby Girl Académie organise également des interventions dans les quartiers. Nous mettons aussi en place des journées où elles vont au stade pour découvrir et voir un match de haut niveau pour que cela puisse leur donner envie un jour d’être à leur place. 

Nous organisons également des actions environnementales avec nos adhérentes. Car aujourd’hui on est conscient qu’il faut agir contre le réchauffement climatique. Et c’est surtout moi, et ma génération qui a encore le pouvoir entre les mains pour essayer de changer les choses. Pour moi changer les choses c’est faire les petits efforts du quotidien. Mais aussi partager mes convictions auprès de mon entourage et de mon réseau lors de mes interventions. C’est pour cela que je fais des actions avec les jeunes de la Rugby Girl Académie, afin de leur faire comprendre l’importance des arbres.

Par exemple, nous avons été avec une association environnementale nommée Forest désherber autour des arbres qui ont été plantés en bord de périphérie. Dit comme ça c’est pas très excitant. Faire du désherbage un dimanche à 9h, c’est tout sauf kiffant. Mais ce qu’on voulait absolument leur faire réaliser, c’est que demain s’il n’y a plus d’arbres dans les villes avec le réchauffement climatique ça va être une catastrophe.

Pour ainsi leur faire comprendre que le réchauffement climatique est une réalité. Et que si on ne fait rien il va y avoir de plus en plus de jours de canicule, de grosses chaleurs. Et surtout dans les villes, là où les sols sont de plus en plus imperméables parce qu’on bitume un peu partout. S’il n’y a plus de terre et plus d’arbres, il n’y aura plus cette fraîcheur. 

Essayer de leur faire comprendre que l’arbre est un vrai allié dans notre vie et dans notre survie. Et ça on le fait de manière ludique. Avec des jeux de cohésion d’équipe où il faut chercher des choses, repérer des plantes. Le groupe a été hyper réactif et réceptif. Pour moi c’est la future génération qui subira peut-être les actions et les non-actions des générations précédentes. Et aujourd’hui, j’essaye de me dire « qu’est-ce que je peux faire à mon échelle, comment je peux aller aider ces jeunes filles à s’activer, à s’engager pour notre environnement ». Et je pense que ça commence dès cet âge-là, en abordant ces sujets. 


Femmedesport: A travers cette Académie, tu éveilles donc les jeunes par le sport à des sujets qui te tiennent à cœur.

Lénaïg Corson: Exactement. La chose qui nous réunit, c’est le sport. C’est le rugby, notre passion pour celui-ci. A travers le rugby, on vient passer des messages éducatifs qui ont pour but de faire évoluer leur façon de faire, de penser. Et cela permet de les engager dans leur vie perso, et peut-être leur vie pro un jour. 


Femmedesport: Pour revenir sur ton parcours en tant que professionnelle, est-ce que tu peux me parler de ta découverte de ce sport, et de ce qui te plaît dedans ? 

Lénaïg Corson: J’ai démarré à 20 ans, je ne connaissais rien au rugby. Je ne connaissais pas une seule règle. C’est un sport que mon père regardait à la télévision mais auquel je ne comprenais pas grand chose. Pour moi c’était un sport trop brutal, qui ne m’attirait pas du tout. En arrivant à 20 ans à Rennes pour mes études, je voulais faire un sport collectif. Je vois qu’il y a dans la liste du volley, du hand, du basket et aussi du rugby. 

Et pour le rugby, c’était précisé rugby féminin. Donc je me dis « waouh ça existe aussi pour les femmes ». Je n’avais jamais vu de femmes jouer au rugby. Et quand je regarde mon emploi du temps universitaire et les horaires des sports, le seul sport qui pouvait correspondre c’était le rugby. C’est comme ça que mon choix se fait, un peu par hasard. 

Je me suis dit que c’était l’occasion d’essayer, que l’ambiance pouvait être sympa vu que c’était à l’université. Et ça a été une révélation, dès le premier mois où j’ai mis un pied sur un terrain de rugby. Tout d’abord je sentais que mon entraîneur me soutenait. Il m’a vu arriver, il a tout de suite remarqué mon physique. Je sentais dans ses yeux qu’il avait confiance et qu’il me voyait bien dans ce sport. Je pense que la confiance est hyper importante quand on commence un nouveau sport. 

Et il y avait aussi la confiance du fait que le reste du groupe était aussi très novice. Et du coup je ne me suis pas sentie inférieure ou quoi. Je me suis juste dit que j’allais tester, sans aucune pression. Ce qui m’a beaucoup plu c’est l’ambiance du groupe. Le fait qu’avec les filles on se moquait un peu entre nous, et l’autodérision qu’on pouvait avoir. C’est donc le fait qu’on puisse être si bien ensemble qui m’a fait vraiment accrocher à ce sport. Le partage, la joie collective, l’envie de réussir ensemble, de progresser. 

C’était aussi un prétexte pour avoir du lien social et se faire de nouvelles amies. Je venais d’arriver sur Rennes. Je ne connaissais personne. C’est ça qui est très fort dans le sport. C’est vraiment un moyen de se faire de nouveaux amis, de créer des choses avec eux.

Je l’ai vu aussi lors de mon voyage. En effet je suis allée à l’autre bout du monde en Australie pendant 1 an. Le sport était souvent un moyen de rentrer dans un réseau, dans un cercle d’amis, et d’avoir confiance en ces gens-là. Car c’est souvent les gens engagés dans un sport qui ont des valeurs fortes ancrées en soi. Et c’est ce qui m’a vraiment plu dans ce sport. La confiance collective, le bonheur de partager avec les autres et sentir que j’avais ma place sur un terrain. 

La première fois que j’ai pris un ballon, je n’ai pas réfléchi. Je me suis juste dit « il faut pas qu’on me touche ». Parce que le rugby c’est un jeu où il ne faut pas se faire plaquer. Il ne faut pas se faire toucher pour continuer à avancer, pour aller marquer le plus vite possible. Soit tout seul, soit par la passe, soit par le pied, avec ses coéquipiers. Je me suis sentie libre dans ce sport, et c’est ce qui m’a plu de suite. 



Crédit: FFRugby

Femmedesport: Quel est ton meilleur souvenir dans ce sport ? 

Lénaïg Corson: C’est une question qu’on me pose souvent. Avec le temps, je me dis que les meilleurs souvenirs ne sont pas forcément les plus beaux matchs, les plus belles victoires. Oui c’est très beau, c’est super à ajouter à son palmarès. 

Mais je me dis que les moments les plus forts sont ceux où on galère ensemble, où on s’entraîne pour un objectif. Ce sont les moments de doutes, ceux qui nous rapprochent. Ces moments où il y a des non-dits, où on peut être frustrées. C’est le chemin vers la réussite qui fait qu’on apprécie ensuite de gagner. Je trouve qu’on s’attarde toujours sur le palmarès, les belles victoires qu’on a été gagner. 

Mais on s’attarde très peu sur ces heures et ces heures d’entraînement à transpirer, à répéter, à repartir de zéro. Ces heures qui ont été dures, durant lesquelles on passe par un ascenseur émotionnel énorme. Tout ça finalement je pense que c’est ce qui fait aussi la force du sport de haut niveau. C’est que tout le monde n’est pas fait pour ça. Et c’est peut-être grâce à la résilience qu’on met dans notre parcours, à ne jamais rien vouloir lâcher. 

C’est comme lorsque qu’on se donne pour l’équipe, quand on se bat pour aller chercher une médaille en sachant que nous on ne sera pas sur le terrain. Cet immense don de soi, en sachant qu’on aura pas la lumière sur soi. Mais on sait qu’on aura participé à la réussite collective. Et ça je trouve qu’on en parle pas assez. 


C’est aussi ça l’idée, dire des choses qu’on ne voit pas. Qu’on ne rend pas assez accessibles finalement. Les moments qui ont été dur construisent énormément dans une vie. J’ai connu une période où j’ai eu 8 blessures dans l’année. J’ai aussi été dans un club en Angleterre qui au bout de 6 semaines a fait faillite. Je me suis retrouvée sans rien du tout, plus de contrat, plus de visa, obligée de rentrer chez moi en France. 

Et ça si t’as pas été habituée à une certaine résilience dans ta vie, je pense que tu ne sais pas gérer ces moments-là. Je pense que c’est ça aussi le sport de haut niveau : c’est comment construire, bâtir sa vie.


Femmedesport: Est-ce qu’il a des choses que tu aimerais changer en tant que femme dans le monde du rugby pro ? 

Lénaïg Corson: Aujourd’hui le monde du rugby féminin pro ne concerne que 50 joueuses en France. 50 joueuses qui jouent en équipe de France à VII et à XV. Le mot rugby pro n’existe pas en élite, l’équivalent du Top 14 masculin. Face à nos homologues qui sont bien payés, les filles en élite ne sont pas payées ou sont dédommagées de façon très restreinte. 

Dans mon idéal, ce que j’aimerais ce serait qu’on puisse créer un monde où les filles puissent continuer à être dans un métier et avoir cette envie de construire leur avenir professionnel. Et en même temps, avoir du temps pour s’entraîner, pour récupérer, pour augmenter leurs performances. Avoir du temps de récupération, c’est-à-dire avoir du temps avant un match et pour cela pouvoir ne pas aller au travail. Car la récupération fait aussi partie de la performance.

Sauf que la vérité c’est qu’aujourd’hui les filles ont leur travail et le rugby. Et tout ça il faut le composer en une seule et même semaine. C’est arriver à concilier 2 vies qui sont très intenses en une seule vie. C’est pourquoi quand tu es en élite tu n’as plus trop de temps pour toi. 

Il faut donc arriver à être cohérent et intelligent avec les employeurs, le championnat, les clubs, la joueuse, pour qu’on y trouve un intérêt pour tout le monde. Pour que la joueuse continue d’apporter ce qu’elle a à apporter dans le monde professionnel. Mais aussi qu’elle puisse récupérer afin d’être performante et se développe dans son sport. 


Femmedesport: Le fait d’en vivre, une meilleure rémunération pour les joueuses serait une solution ? 

Lénaïg Corson: Je pense qu’aujourd’hui la solution ce n’est pas de donner un contrat à tout le monde en disant « tu ne feras que du rugby et tu ne feras que ça ». C’est ce que les garçons ont fait. Mais si demain tu n’es plus sélectionnée, tu n’as plus de contrat. Tout s’arrête. Et tu es un peu lâchée dans la nature. Il faut savoir que les joueurs comme les joueuses sont des pions. C’est du bétail : si on a besoin de toi c’est bien. Si on n’a plus besoin de toi, au revoir. 

Ça, il faut en être conscient. C’est pour ça qu’il faut aussi se préparer à ne pas se retrouver sans rien le jour où son contrat s’arrête.Ton énergie il faudra aussi l’investir dans un travail, parce qu’on ne sait pas de quoi demain est fait. Il y a une élite qui arrive à être professionnelle, mais ça peut s’arrêter. Il faut pouvoir être aussi épanouie dans la vie sportive que pro. Et pour ça heureusement que personnellement j’ai eu des employeurs très conciliants. 

C’est pourquoi les employeurs doivent pouvoir comprendre les problématiques des sportives de haut niveau. Car oui il faudra peut-être finir plus tôt sa journée de travail parce qu’après il y a entraînement. Ils permettront ainsi à quelqu’un d’être efficace et performant dans sa vie sportive. Et en même temps lui donner l’opportunité de s’épanouir dans sa vie professionnelle, d’apprendre et de développer des compétences. 

Pour moi c’est une intelligence collective, d’aller chercher tous les acteurs qui font partie de la performance. Et je ne dis pas la performance juste sportive, mais aussi au travail. C’est pour ça que je ne suis pas sûre que la professionnalisation à 100% aide finalement les jeunes filles. De mon point de vue dans 15/20 ans quand il y aura beaucoup plus de journées de grosses températures et de canicule, le sport ne pourra plus se jouer de la même façon. Ceci à cause du réchauffement climatique. Quand on aura des difficultés pour s’alimenter ou aller boire, le sport passera au dernier niveau. Il ne sera plus la priorité. On l’a vu pendant le covid. Le sport et la culture ont été les premiers secteurs à être laissés de côté. 

C’est donc aussi se dire : comment construit-on un modèle en vue du réchauffement climatique ? Cela peut paraître bizarre, mais malheureusement quand on lit les rapports du GIEC on réalise qu’il va falloir s’adapter à la réalité que va être notre monde de demain. 


Femmedesport: Est-ce que tu aurais un mot à dire à toutes les filles qui souhaiteraient se lancer dans le rugby ? 

Lénaïg Corson: On est bourré d’à priori avec ce sport, qu’on voit à la télé pratiqué par les garçons. On s’imagine que c’est un sport avec des plaquages, où ce n’est que du contact. Mais tant que tu n’as pas essayé, tu ne pourras pas réaliser que ce sport est un sport d’équipe, de partage, de liens forts entre les uns et les autres, de liberté. 

Souvent ce que je leur dis, c’est : ne vous arrêtez pas aux à priori, aux clichés. Essaye par toi même, fais toi une idée de ce sport. Et tu verras après. Je ne force jamais les gens à faire quelque chose qu’ils n’ont pas envie. Mais par contre je leur dis toujours : essayez. Et ne jugez pas avant d’apprendre à connaître. Et ça c’est valable pour tout. 


Femmedesport: Est-ce que tu veux ajouter quelque chose, aborder un sujet qui te tient à cœur ? 

Lénaïg Corson: Aujourd’hui je recherche des bénévoles au sein de l’Académie. On aimerait bien être un média autour du rugby féminin, un média où on retrouve de l’actualité sur le rugby pratiqué par les femmes. Pour cela on recherche des gens qui aiment écrire, qui sont à l’aise dans la communication. On recherche aussi des bénévoles pour organiser nos stages, nos journées. 

Si vous avez envie d’apporter un peu de temps à une association qui est à fond autour des valeurs éducatives du sport, autour de la santé, de l’environnement, si vous vous voyez dans nos valeurs, alors il faut nous rejoindre ! 

Si vous êtes intéressés pour vous engager et contribuer à l’ouverture du sport au féminin, nous vous invitons à consulter le site de la Rugby Girl Académie.

Merci à Lénaïg Corson pour cette rencontre, et de contribuer à la mise en avant et à l’ouverture du sport au féminin !

Retrouvez toutes nos interviews exclusives ici.

Crédit photo de couverture: DR

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